La Gazette

des Comores

Reboisement à Ndzuani: 11 000 arbres prévus en trois mois

Reboisement à Ndzuani:  11 000 arbres prévus en trois mois © : HZK-LGDC

La campagne nationale de reboisement se poursuit avec une nouvelle étape importante à Ndzuani, où 11 000 arbres forestiers et fruitiers doivent être plantés en trois mois. Menée par le ministère de l’Environnement, avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette initiative vise à lutter contre la dégradation accélérée des écosystèmes et les effets du changement climatique.


Après son lancement officiel le 14 décembre à Mwali, la campagne a débuté ce dimanche à Anjouan, autour du lac Dzialandzé, classé site Ramsar et plus grande réserve d’eau douce de l’île. Lors de cette première journée, 600 plants forestiers ont été mis en terre sur les rives du lac, un site stratégique pour la protection des ressources hydriques et de la biodiversité locale.

La mobilisation a rassemblé autorités administratives, services techniques, organisations environnementales et communautés riveraines, témoignant d’un engagement collectif pour la protection de l’environnement. Initialement prévue en octobre, la campagne a été reportée en raison du retard des pluies un rappel de la vulnérabilité croissante des initiatives environnementales face aux aléas climatiques. Au-delà de la restauration des forêts, la campagne intègre également la plantation d’arbres fruitiers, conciliant enjeux écologiques et économiques. L’objectif est de restaurer les bassins versants, de lutter contre l’érosion, tout en offrant des sources de revenus complémentaires aux populations locales. Une approche qui vise à renforcer la résilience des communautés tout en favorisant la biodiversité.

Cependant, cet élan vert s’accompagne de certaines contradictions. À Bambao Mtsanga, l’abattage récent d’arbres pour installer des panneaux solaires a suscité inquiétude et incompréhension. Présenté comme une réponse à la crise énergétique chronique du pays, ce projet a perturbé une économie locale largement agricole et relancé le débat sur la cohérence des politiques environnementales nationales.

D’un côté, l’option choisie par l’État peut s’expliquer : l’énergie solaire représente une alternative durable, moins coûteuse et moins polluante que les énergies fossiles, dans un contexte insulaire marqué par les importations énergétiques et les coupures récurrentes d’électricité.

Mais la critique reste fondée : la destruction de zones boisées va clairement à l’encontre du slogan officiel « un comorien, un arbre », censé promouvoir la reforestation à l’échelle du pays. Ce paradoxe souligne un manque de planification intégrée et de concertation avec les communautés locales. La transition énergétique ne devrait pas compromettre les écosystèmes qu’elle aspire à protéger.

Ainsi, une question essentielle demeure : comment concilier réponse à la crise énergétique et préservation de l’environnement ? Sans une politique globale, cohérente et participative, les ambitions écologiques risquent de rester théoriques, éloignées des réalités du terrain et des besoins des populations.

Younes


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.