Selon le récent rapport de l’organisation internationale pour les migrations (OIM), entre juillet et décembre 2025, près de 14 000 migrants ont atteint Mayotte. Ces chiffres, issus de la phase pilote du dispositif de surveillance DAMT, doivent être compris comme des données indicatives. Ils révèlent surtout une tendance ; les Comores s’imposent désormais comme un corridor migratoire régional, reliant l’Afrique centrale, orientale et australe à Mayotte.
En 2025, 50% des ressortissants congolais arrivés à Mayotte ont demandé l’asile, contre seulement 13% des comoriens. Le rapport souligne encore que dans le campement de Tsoundzou 2, près de Mamoudzou, plus de 1 000 personnes vivent dans des conditions quasi-pénitentiaires, majoritairement des congolais, mais aussi des somaliens et des yéménites. Les traversées, souvent effectuées à bord d’embarcations de fortune, kwassa-kwassa, demeurent meurtrières. Le drame survenu récemment au large de Koungou, où onze passagers ont été secourus après le chavirement de leur embarcation et les récentes interpellations au niveau des côtes comoriennes renvoie à ce danger réel. Le rapport souligne que ces déplacements s’effectuent dans des conditions à haut risque, exposant les migrants à la mer mais aussi aux réseaux criminels.
Au niveau des Comores, les autorités ont engagé depuis 2025 la préparation de leur première politique migratoire nationale (PMN), avec l’appui de l’OIM et du Système des Nations Unies. « Cette politique migratoire nationale tient compte de nos réalités. Mais nous avons besoin d’un soutien régional et international pour faire face à ce défi. Aucun état insulaire ne peut relever seul les enjeux migratoires contemporains », explique le ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed Assoumani lors de la présentation du rapport d’examen volontaire sur la mise en œuvre du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.
En avril 2026, le gouvernement a également présenté son rapport d’examen volontaire sur la mise en œuvre du pacte mondial pour des migrations. Ce document, élaboré par plusieurs ministères a mis l’accent sur la gouvernance migratoire, la protection des droits humains et la mobilité de la main-d’œuvre. Interrogé par nous, le chargé de communication du bureau de l’OIM Comores Ali MGOMRI Dhulal souligne que : « De manière générale, les échanges menés dans le cadre de la coopération régionale mettent régulièrement en avant l’importance du renforcement de la coopération entre les pays de la région, notamment en matière de gestion des frontières, d’échange d’informations, de lutte contre les réseaux de trafic et de traite, ainsi que de protection des migrants vulnérables. »
Le gouvernement insiste sur la nécessité de renforcer la coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux, tout en sensibilisant les populations aux risques des traversées clandestines. Les officiers sur place assument que chaque semaine, les équipes sur terrain interceptent ou secourent des embarcations en détresse et que les embarcations sont souvent surchargées, parfois privés de moteur. Selon l’agent questionné, ils font face à « une crise humanitaire en mer, avec des moyens limités. »
Aticki Ahmed Ismael
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