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Ramadan à Moroni : Le poisson entier se vend au prix fort malgré le jeûne

Ramadan à Moroni :  Le poisson entier se vend au prix fort malgré le jeûne © : HZK-LGDC

Au marché de Volo-Volo, à Moroni, ce jeudi 26 février, au huitième jour du ramadan, le poisson entier est vendu entre 7 500 et 20 000 francs comoriens. Si les vendeuses assurent avoir maintenu des prix abordables, de nombreux consommateurs dénoncent des tarifs élevés mais se résignent à acheter pour ne pas rentrer bredouilles.


À l’aube, les vendeuses de poisson sont déjà installées, attendant l’arrivée des pêcheurs. Chacune connaît sa place habituelle ; toutes sont alignées. Les véhicules arrivent et déchargent des bassines remplies de poissons de toutes tailles : « m’basi », « nyatsibwe », « pwere », « panganyile » et bien d’autres variétés. Sur le marché, les femmes s’activent. Certaines achètent jusqu’à trois ou cinq bassines de poissons, tandis que d’autres se limitent à deux ou trois, selon leurs moyens financiers. Mariama Soilihi, poissonnière, explique exercer ce métier depuis l’adolescence. Mariée et mère de cinq enfants, elle affirme subvenir aux besoins de sa famille grâce à cette activité. « Toutes les variétés sont disponibles, et de toutes tailles. Les prix ne sont pas chers. Nous sommes en mois de ramadan, nous avons fait un effort », assure-t-elle.

Le prix d’un poisson entier varie entre 7 500 et 20 000 francs comoriens, selon la taille et la qualité. Mariama insiste. « Les prix sont abordables. Surtout en ce mois béni, nous avons baissé les tarifs pour faciliter l’assiette du jeûneur et de la jeûneuse. » Pourtant, du côté des acheteurs, le constat est différent. Beaucoup jugent les prix élevés, mais préfèrent acheter plutôt que de rentrer les mains vides. Une dame d’une soixantaine d’années murmure. Que faire ? Rentrer les mains vides ? J’achète celui de 20 000 francs, cela nous fera un stock pour deux semaines. » Elle ajoute : « Je trouve que c’est cher. Elles refusent de faire une réduction, même de 1 000 francs, alors qu’on est dans le mois sacré, où l’on est censé multiplier les bonnes actions. »

Mariama Soilihi répond qu’ « une fois de plus, le prix d’un poisson entier n’est pas cher. Après la vente, nous devons acheter des légumes, des fruits, de la farine, du sucre, de la viande, du poulet, de l’huile etc comme tout le monde. Nous pratiquons un prix qui nous permet aussi de rompre le jeûne en famille. » Un groupe de trois jeunes femmes fait rapidement le tour du secteur poisson. Elles achètent trois gros m’basi entiers. « C’est cher », confie l’une d’elles. « Nous avons payé 15 000 francs pour le premier, 13 000 pour le deuxième et 7 500 pour le plus petit. Nous pensions avoir une réduction en en prenant trois, mais non. Nous n’avions pas le choix. » Elles concluent, résignées qu’ « on doit acheter. On ne peut pas manger sans protéines, surtout en plein ramadan, même si les prix sont élevés. »

El-Aniou Fatima

 


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