La Gazette

des Comores

Rahama Said parle d’un licenciement abusif

Rahama Said parle d’un licenciement abusif © : HZK-LGDC

Rahama Said est licenciée mercredi 12 Aout par le directeur général du centre hospitalier El-Maarouf après avoir entamé une grève illimitée ce même jour. Son licenciement a été motivé par des absences injustifiées. Une décision que la victime conteste, affirmant que c’est à cause du déclenchement de la grève qu’elle a été licenciée de son poste.


C'était dans la journée du mercredi 13 août, que les contractuels de l'hôpital El-Maarouf ont entamé une grève illimitée. Ces derniers réclament leur prime de la Covid-19. Rahmat Said travaille depuis plus de 6 ans à l'hôpital El-Maarouf en tant que contractuel. Son crime : animer le collectif des contractuels de l'hôpital, avoir osé s'exprimer publiquement sur le dernier mouvement des contractuels, privés injustement de leurs primes COVID. La direction de l'hôpital n'a pas trouvé mieux que de la licencier ce même jour. « Considérant l'abandon de poste de Mme Rahama Said, dont l'absence injustifiée du 09/06/2020 au 22/06/2020 a fait l'objet d'un rapport daté du 22 juin 2020 par le major du service de la pédiatrie.

 

De surcroît, informée par le major de service d'une conviction par la direction, Mme Rahama Said a refusé de se présenter à la commission de disciplinaire du 1er  juillet 2020. « Après avis de la commission disciplinaire réunie le 8 août 2020, Mme Rahama Said est licenciée pour faute grave, sans préavis ni indemnité, conformément au contrat de travail », lit on sur la note de licenciement. Dans un entretien accordé à La Gazette des Comores, Rahama Said se dit étonnée de son licenciement et parle d’un licenciement abusif. « Tout ce qu'on me rapproche dans mon licenciement ne tient pas la route. J'ai justifié mes absences avec des preuves à l’appui et la direction a tout de suite accepté », explique Rahama Said.

 

Sage femme d’Etat depuis plus de 6 ans à l’hôpital El Maarouf, Rahama Said aime son travail et le fait avec amour et persévérance. « J'aime mon travail en tant que tel. Comme tous travailleurs, on peut s'absenter. Parfois on est malade ou fatigué. Ces derniers jours, je débute une grossesse et le docteur Soumaya m'a ordonné de me reposer. Après mon repos, je n'étais pas en mesure de reprendre le travail car j'avais de la fatigue et des malaises à cause de ma grossesse. Et tout est sur la déclaration du médecin », montre-t-elle, avant de préciser que « on m'a convoqué à la direction dans un conseil de discipline  pour justifier mes absences. J'ai justifié avec les preuves que j'étais malade et la direction et le conseil de discipline  ont tous accepté. Et j'ai repris le boulot comme d'habitude. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi le directeur m'a licencié en s'appuyant sur mes absences », déplore-t-elle.

 

Elle reste convaincue qu’elle a été virée à cause de la grève. « Quelle coïncidence ! C'est juste après qu'on a entamé une grève que j’étais licenciée et pourtant on a envoyé un préavis de grève et on n’a eu aucune réponse de leur part. Toutes les procédures ont été suivies pour avoir une porte de sortie mais c’est comme si le directeur ne nous donnait aucune importance  », dit-elle, avant d’ajouter que « je ne regrette rien, même si  j'ai perdu mon boulot. On n’a rien fait de mal. On a  juste réclamé nos  droits ».

 

Nassuf Ben Amad

 

 


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