La Gazette

des Comores

Quand les gouvernants transgressent leurs propres mesures

Quand les gouvernants transgressent leurs propres mesures © : HZK-LGDC

Ces derniers temps, on dirait que la Covid-19 n’existe pas aux Comores. Les comoriens ont repris les plages et commencent progressivement à faire les grandes cérémonies dans les différentes régions de l’archipel. Et tout cela avec la bénédiction des hautes autorités de l’Etat.


Pour limiter la propagation du Covid-19 dans le pays, le président de la République a pris des mesures restrictives dont l’interdiction des rassemblements de plus 20 personnes. A la date du 16 août dernier, le président Azali Assoumani a participé à une cérémonie de mariage à sa ville natale, une cérémonie qui aurait dépassé les 20 personnes. Le même jour, une quarantaine de femmes ont été aperçues à un mariage dans la région du Bambao. Sans-gêne, ni conscience de la maladie, le port de masque et la distanciation sociale sont mis aux oubliettes. En tout cas, la festivité était au cœur de l'événement. « Notre Corona est inactif », continuent de dire les comoriens.

 

Alors que la maladie continue à sévir le pays, un grand fossé réside entre l'inquiétude et la multiplication des cérémonies officielles des autorités dépassant les 20 personnes. Dernièrement, le gouvernement comorien a célébré le 1er Muharam, le nouvel an musulman en présence d’un nombre important de personnes. Au lieu de servir d’exemple, c’est eux même qui sont les premiers à transgresser leurs propres mesures.

 

Pire encore, un relâchement total a été observé à l'Aéroport Internationale Moroni Prince Said Ibrahim le jeudi 20 août dernier lors de l’arrivée d’un charter. Un monde fou dans les rebords, sans masques ni distanciation sociale. Tous, en attente des comoriens en provenance de la France. Pourtant, le pays totalise aujourd’hui 417 cas de Covid-19 dont 11 nouveaux cas, selon le bulletin du jeudi 20 août dernier. Et pour faire face à cette dure épreuve, les experts sanitaires recommandent le renforcement des mesures de barrières. Il est temps que les comoriens changent de comportement et prennent au sérieux la maladie car elle est là.

 

Andjouza Abouheir

 


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