Organisé du 7 au 9 septembre, par le gouvernement de la République populaire de Chine, le Dialogue de Kunming est un dialogue technique informel réunissant les Parties, les peuples autochtones et les communautés locales, des représentants des femmes et des jeunes, des universitaires, des acteurs des secteurs privé et financier, des experts et d'autres parties prenantes.
La présente session a pour objet d’examiner les implications des lacunes et des difficultés liées à la disponibilité, à l’opportunité, à la prévisibilité et à l’accessibilité des moyens de mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la Biodiversité (CMB). Le Cadre reconnaît que l'obtention de moyens adéquats est fondamentale pour garantir son application intégrale. Près de quatre ans après son adoption, un constat s'impose : si des progrès réels sont visibles, l'accès limité et irrégulier aux ressources financières, techniques et humaines demeure un obstacle transversal majeur pour l'ensemble des Parties. Le Cadre mondial a suscité une mobilisation internationale historique pour freiner le déclin de la nature. Il a jeté les bases d'une concertation accrue entre les gouvernements, les peuples autochtones, les communautés locales, les milieux académiques et le secteur privé.
Néanmoins, un fossé persiste entre les engagements nationaux pris individuellement par les États et les objectifs de préservation définis à l'échelle collective. Pour transformer les intentions politiques en résultats mesurables, les pays doivent impérativement aligner leurs stratégies nationales de biodiversité sur des actions locales concrètes. Depuis l'adoption historique du Cadre, d'importantes avancées ont été enregistrées dans le renforcement des bases structurelles de la conservation. Le financement public national et international a connu une augmentation notable. De même, les initiatives en faveur d'incitations positives pour la biodiversité se multiplient. Les efforts multilatéraux ont également permis de dynamiser le développement des capacités, le transfert de technologies indispensables et la coopération technique et scientifique entre les régions. Ces acquis fournissent un socle indispensable pour soutenir les efforts nationaux.
Malgré ces signaux encourageants, le rythme général des actions collectives reste insuffisant. Le principal obstacle réside dans la lenteur de la mobilisation et du suivi des financements privés, couplée à la persistance de subventions publiques néfastes pour l'environnement, dont l'élimination ou la réorientation s'avère complexe. De plus, de nombreuses Parties soulignent un manque critique de ressources humaines qualifiées et d'infrastructures pour piloter l'action sur le terrain. Les rapports nationaux mettent en évidence des faiblesses persistantes dans le suivi des progrès et la coordination efficace des parties prenantes. Ce déficit de mise en œuvre est amplifié par une imprécision chronique dans l'évaluation des besoins.
Les estimations précises des budgets nécessaires à l'atteinte des cibles de biodiversité sont rares, et les demandes de transfert de technologies restent souvent trop générales pour mobiliser efficacement les mécanismes d'aide disponibles. Le premier examen mondial des progrès collectifs, prévu lors de la COP 17 à Erevan en octobre 2026, marquera une étape cruciale. Il ne devra pas se résumer à un inventaire des lacunes mais servir de tremplin pour accélérer l'action. Le Dialogue technique informel de Kunming, tenu en septembre 2026, participe directement à cet effort de concertation. En identifiant les solutions pratiques pour combler les déficits technologiques et financiers, la communauté internationale s'efforce de jeter des ponts indispensables entre les engagements politiques et la réalité écologique de terrain.
Mmagaza
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