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des Comores

Protection des océans : Lancement du programme “Comores 30x30”

Protection des océans : Lancement du programme “Comores 30x30” © : HZK-LGDC

Ce mardi 23 juin, le pays a officiellement lancé le programme « Comores 30x30 pour la Protection des Océans » lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel Itsandra Beach. Cette initiative ambitieuse vise à protéger au moins 30% de la zone économique exclusive des Comores d’ici 2030.


C’est en présence du ministre de l’Environnement chargé du Tourisme, du ministre de l’Éducation nationale, ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers engagés dans la conservation marine que le programme « Comores 30x30 pour la Protection des Océans » a été lancé. Financé par Océans 5, le Bloomberg Ocean Fund, la Joint 30x30 Funding Initiative et Nekton, et mis en œuvre par WILDOCEANS, un programme de WILDTRUST, en collaboration avec les partenaires du programme R-POC, le projet prévoit la création et la gestion d’aires marines protégées couvrant près de 50 000 km². Dans son intervention, le ministre de l’Environnement Abubacar ben Mahamoud a rappelé le lien vital entre l’archipel et son espace maritime. « Pour l’Union des Comores, petit État insulaire en développement situé au cœur de l’océan Indien occidental, l’océan n’est pas seulement une ressource économique. Il constitue notre identité, notre sécurité alimentaire, notre patrimoine culturel et l’avenir de nos générations futures. » Face aux effets du changement climatique, il a alerté sur la dégradation progressive des écosystèmes en soulignant que « nos récifs coralliens, nos mangroves et nos zones côtières subissent des pressions croissantes » et que « face à ces réalités, l’inaction n’est pas une option ».

Revenant sur les engagements internationaux du pays, il a affirmé que « les Comores ont pleinement adhéré à l’objectif 30x30 » et que « protéger 30% de nos espaces marins d’ici 2030 n’est pas seulement une ambition, c’est une responsabilité ». Il a également insisté sur la dimension participative du programme en déclarant que « aucune politique de protection ne peut réussir sans l’adhésion, la participation et la responsabilisation des communautés locales », précisant que « le R-POC est avant tout un programme de mobilisation, d’éducation et de co-construction ». Le ministère de l’Éducation nationale a, de son côté, mis en avant le rôle stratégique du secteur éducatif dans la réussite du programme. Représenté par le directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ali Mohamed Ali, il a souligné que « l’éducation et la recherche scientifique sont des leviers essentiels pour accompagner les politiques de conservation ». Il a insisté sur « la nécessité de former une génération consciente des enjeux environnementaux et sur le renforcement de la recherche nationale pour mieux comprendre et protéger les écosystèmes marins ». Selon lui, « le développement de compétences locales est indispensable pour assurer la durabilité des actions engagées ».

La dimension scientifique du programme a été développée par la directrice de CORDIO, Dr Melita Samoilys. Elle a expliqué que « la réussite du programme repose sur une connaissance approfondie de la biodiversité marine » en précisant que « documenter, comparer et analyser les écosystèmes est indispensable pour concevoir des aires marines protégées efficaces ». Elle a également indiqué que « la collecte de données fiables et l’identification des espèces, y compris les nouvelles découvertes, sont au cœur de cette démarche ». Insistant sur l’importance de la coopération scientifique, elle a déclaré que « le partage des connaissances et le renforcement des capacités locales sont essentiels pour garantir la durabilité des actions ». Elle a ajouté que « les Comores disposent d’un potentiel important pour devenir un acteur reconnu dans les sciences marines », soulignant que « l’objectif est de structurer les données existantes et de bâtir une stratégie nationale solide portée par les compétences locales ».

Les partenaires du programme ont réaffirmé leur engagement à accompagner les Comores dans cette transition vers une gestion durable de l’océan, mettant en avant « l’importance d’une approche intégrée alliant conservation, développement économique et inclusion sociale ». À travers le programme « Comores 30x30 », les Comores affirment leur volonté de concilier préservation de l’environnement, développement durable et implication des communautés locales dans la gestion de leur patrimoine marin.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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