La Gazette

des Comores

Projet d’adhésion de Mayotte à la COI : Ushe et Juwa mettent engarde

Projet d’adhésion de Mayotte à la COI :  Ushe et Juwa mettent engarde © : HZK-LGDC

À l’approche du 5e sommet de la Commission de l’océan Indien (COI), prévu le 12 avril à Antananarivo, une controverse prend de l’ampleur en coulisses sur l’éventuelle adhésion de Mayotte en tant que membre à part entière. Une hypothèse qui suscite une vive opposition, notamment de la part des partis Ushe et Juwa, qui dénoncent une violation du droit international et une remise en cause de la souveraineté des Comores sur l’île.


Le parti Ushe tire la sonnette d’alarme. Dans une vidéo diffusée le 24 mars, son président, Dr Mohamed Rafsandjani, met en garde contre toute discussion qui pourrait légitimer cette intégration. Il rappelle que la COI est une organisation réservée aux États souverains et que « Mayotte n’est pas un État, mais une île comorienne occupée ». Le parti Juwa partage cette position et dénonce une violation flagrante du droit international. Dans un communiqué publié le même jour, la formation de l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi rappelle que les résolutions de l’ONU de 1979, 1982 et 2017 réaffirment la souveraineté des Comores sur Mayotte et rejettent toute tentative visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale des Comores.

Le blogueur Idriss Mohamed a lui aussi exprimé son rejet d’un tel projet. Dans une vidéo publiée le 24 mars, il souligne deux contradictions majeures : « La COI est une organisation regroupant des États souverains de l’océan Indien : les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles. La France y siège déjà à travers La Réunion. Alors, Mayotte va s’y présenter en tant que quoi ? La France veut-elle avoir deux sièges, un pour La Réunion et un pour Mayotte ? » Il voit également un obstacle procédural : toute nouvelle adhésion doit être validée à l’unanimité par les chefs d’État des pays membres. « La France pense-t-elle vraiment que le président Azali va accepter cette fois-ci ? La question mérite d’être posée », s’interroge-t-il.

Dans les rues de Moroni, l’inquiétude monte aussi chez les citoyens. Salim Moussa, étudiant en droit, estime qu’une telle démarche irait à l’encontre du droit international : « Les Nations unies ont toujours reconnu que Mayotte appartient aux Comores. Son adhésion à la COI serait une erreur politique. » Maissara Hadji, institutrice, craint que cette initiative ne complique encore davantage les relations entre Moroni et Paris : « Si Mayotte devient membre, notre combat pour récupérer notre île sœur sera encore plus difficile. »

À quelques semaines du sommet, l’opposition et de nombreuses voix de la société civile restent mobilisées et vigilantes pour empêcher une décision qui, selon eux, entérinerait la séparation de Mayotte de son giron naturel.

Mohamed Ali Nasra

 

 

 


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