Longtemps fer de lance des exportations comoriennes, la vanille avait perdu de sa superbe ces dernières années. Dans le cadre du plan Comores émergent, l'Etat comorien et l'Etat français à travers la mission de coopération ont décidé ensemble de relancer la filière.
Les deux Etats ont signé ensemble en 2019 le plan de développement France-Comores avec une enveloppe de 150 millions d'euros en 4 ans. La relance des activités des produits de rente faisait partie du package et avait hérité d'une enveloppe de 15 millions d'euros. C'est dans ce cadre, qu'une conférence s'est tenue ce mercredi 18 mai à la faculté des sciences de l'UDC pour faire découvrir aux étudiants les nombreuses opportunités qu’offre le domaine de la recherche agricole plus particulièrement sur la filière vanille.
Le doyen de la faculté des sciences, Dr Soule Hamidou a montré toute sa satisfaction d'accueillir un tel événement et surtout la possibilité donnée aux étudiants de découvrir des nouveaux horizons. « Nous aurons la possibilité dès l'année prochaine d'ouvrir un Master à nos étudiants sur l'étude de produits de rentes », annonce-t-il. Au-delà des retombées économiques attendues, le doyen de la faculté a salué l'initiative qui cadre bien avec la vocation de l'Université qui est de faire « des travaux de recherches ».
Quant à Eric Force, chef de projet Appui aux Filières d'Exportations et au Développement Rural (AFIDEV), il a montré toute la disponibilité de la France à travers la mission de coopération et Expertise France d'appuyer les acteurs économiques du pays sur la politique de relance de la filière vanille. Supplantée et dépassée par la concurrence venue d'Asie (vanilles de synthèse) et de Madagascar qui ont su adapter leurs offres à la demande de l'industrie cosmétique, la vanille comorienne avait du mal à se réinventer. Son caractère naturel l'a toujours placée comme numéro un en terme de qualité mais, l'effondrement des prix à l'international a définitivement sonné le glas de l'âge d'or (décennies 80-90) de la filière vanille aux Comores. Ce regain d'intérêt porté par les politiques est donc une bonne chose pour les producteurs mais, surtout pour les agriculteurs qui ont longtemps snobé les champs faute de rentabilité.
Cette conférence a été donc l'occasion pour parler un peu de la découverte de nouveaux arômes sur la vanille comorienne. Une façon de relancer l'intérêt des importateurs à s'intéresser de nouveau à la vanille des Comores. Animée par Eric Odoux, chercheur au Centre de Coopération International de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), la conférence a vu la participation de nombreux enseignants de l'UDC mais surtout des étudiants venus en masse écouter le chercheur français. Auteur d'une étude de thèse appelée " Contribution à l'hydrolyse de la glucovanilline en vanilline dans les gousses du vanillier" en 2004, le chercheur a beaucoup travaillé sur la découverte des nouveaux arômes.
Ses travaux consistent à mettre en contact des gousses de vanilles avec des enzymes de type betaglucolydase, afin de découvrir des nouveaux arômes. Des arômes définis comme étant « des éléments odorants que dégage différentes substances d'origine végétale ou animale » comme nous a expliqué Fatma Marouf une jeune stagiaire au Laboratoire Alimentation Réactivité Synthèse des Substances Naturelles (LAR2SN). Reste maintenant à s'appuyer pour ces recherches pour donner un nouveau souffle à la filière et relancer les activités à l'exportation dans la filière.
AS Badraoui
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC