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Prière pour Sambi : La mosquée de Badjanani bouclée par les forces de l’ordre

Prière pour Sambi : La mosquée de Badjanani bouclée par les forces de l’ordre © : HZK-LGDC

Samedi, des hommes et des femmes venus réciter ne prière pour l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, détenu depuis plus de huit ans, et dont l’état de santé s’est dégradé ces dernières semaines, ont trouvé la mosquée de Badjanani fermée par un cordon de forces de l'ordre. Une opération jugée disproportionnée par beaucoup et qui a transformé une invocation religieuse en affaire d'État.


« Il devait s'agir d'un recueillement. C'est devenu une démonstration de force », a martelé un participant. Ce samedi matin, des fidèles, se sont rendus ensemble à la mosquée de Badjanani à Moroni afin de prier pour la santé de l'ancien chef de l'État, Sambi. A l’entrée du lieu de culte, un dispositif les attendait : police nationale, gendarmerie et éléments du PIGN bloquent l’accès.

Refoulés, ils se sont repliés sur le parvis, et commencé à réciter des versets du coran. La scène, filmée, a vite circulé sur les réseaux sociaux. La veille, vendredi 12, des imams et prêcheurs de certaines villes tels que Ntsudjini et Ntsaouéni avaient déjà organisé des prières similaires. L'intention était la même : demander guérison pour Sambi, dont l'état de santé inquiète. Ils ont imploré Dieu, loin des caméras, dans une démarche purement spirituelle que personne n'avait songé à politiser jusqu'ici.

 

Pour rappel, l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, 67 ans, qui a dirigé l'Union de 2006 à 2011, est emprisonné depuis mai 2018. Condamné en novembre 2022 par la Cour de sûreté dans l'affaire de la citoyenneté économique, il purge sa peine de perpétuité, à domicile, et entame sa huitième année de détention. Cela fait un moment déjà que ses proches alertent sur des problèmes chroniques de santé et réclament une évacuation sanitaire, demande désormais portée par un élan humanitaire plus large. C'est dans ce climat qu'est née l'idée de cette prière collective. Ahmed Hassane El-Barwane, secrétaire général du parti Juwa, insiste : ce n'était ni un meeting politique ni une manifestation. Aucune explication officielle n'a été donnée. Des sources sécuritaires évoquent l'ordre public. Un argument fragile face au profil des participants : personnes âgées, mères de famille, sans banderole ni slogan. Rien ne justifiait un tel déploiement.

 

L'intervention a produit l'inverse. En voulant empêcher l'événement, les autorités lui ont offert une tribune. Les caméras, attirées par le déploiement, ont interrogé Razida, membre de l'opposition et l'ancien député Msaidié. « Ce sont des simples citoyens, pas seulement des militants politiques, venus prier pour un malade. Dans un pays musulman, empêcher cela n'a aucun sens », ont-ils déclaré. Peu après, Razida a d’ailleurs été interpellé sans heurts et conduit à la gendarmerie avant d’être relâché dans la soirée. Finalement, en interdisant la mosquée à des citoyens, ces agents n'ont pas empêché une prière. Ils l’ont amplifiée, déplacée dehors sur le trottoir, sous les regards des automobilistes, et l'ont transformée en symbole.

                                                                                                                          

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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