La Gazette

des Comores

Presse / Le journaliste Kamal Said Abdou en audience le 17 octobre

Presse / Le journaliste Kamal Said Abdou en audience le 17 octobre © : HZK-LGDC

Le journaliste du quotidien Al-Fajr est convoqué en audience correctionnelle le 17 octobre prochain pour atteinte en la personne de Kamal Souef, directeur général des douanes et publications de fausses nouvelles. Il a passé la nuit du 07 au 08 octobre en garde à vue à la gendarmerie, au mépris des règles régissant la profession.


 

Le journaliste Kamal Said Abdou est finalement ressorti libre du tribunal, après 24 heures de garde à vue. Celui-ci comparaitra en audience correctionnelle par voie de citation directe le 17 octobre prochain. Ce journaliste est poursuivi pour atteinte en la personne de Kamalidine Souef, directeur général des douanes et pour publication de fausses nouvelles.

 

Le 03 octobre dernier, le quotidien Al-fajr a publié un article faisant état du salaire supposé du patron des douanes comoriennes. Le titre du papier est éloquent, « le directeur général soupçonné de malversation ». Dans son corps, « un gros salaire pour le directeur général des douanes, 5.800.000, y compris le Rau et les primes, 800 000 fc étant le salaire net ».

 

L’avocat de Kamal Souef, Me Baco Ahmada réfute catégoriquement « les accusations et les affirmations gratuites portées par le quotidien ». « Mon client, sûr que le journal a proféré des mensonges à son endroit, a naturellement décidé de saisir la justice afin que les conséquences du droit soient tirées», a expliqué son conseil, qui s’est par ailleurs demandé « si le journaliste, le jour de l’audience, continuera à protéger sa source ».

 

En fait, c’est là tout l’enjeu qui a suivi l’arrestation puis le déferrement au parquet d’un journaliste, par ailleurs sans histoire. Des sources concordantes ont fait état de la pression exercée sur le journaliste afin qu’il livre sa source, au mépris de la protection des sources, garantie par les textes régissant la profession. Si bien que jusqu’à 14 heures ce mardi, l’ensemble des journalistes présents au palais de justice de Moroni était persuadé que leur confrère allait passer la nuit en prison. Selon des informations recoupées, il était même question de l’ouverture d’une information et de son placement en mandat de dépôt ce 08 octobre. « Il sera en prison pour au moins 3 mois », a lancé un journaliste dépité.

 

Si bien que la comparution en citation directe prévue dans une dizaine de jours a été accueillie par un ouf de soulagement par la profession. Idjabou Bakari a jugé « inadmissible, le traitement qui a été réservé à Kamal Said Abdou, garde à vue à la gendarmerie, puis transfert au tribunal ; que l’on ne s’y méprenne pas, un journaliste est un citoyen et à ce titre, peut être poursuivi mais il y a des règles à respecter », s’est-il écrié. « Nos autorités doivent respecter la loi, un journaliste qui est considéré avoir été auteur d’une diffamation ou d’une atteinte à la personne ne peut que comparaitre en citation directe, ce qui se passe aujourd’hui, au-delà que ce soit une entorse flagrante à la loi relève justement de l’intimidation », devait-il longuement expliquer. L’ancien directeur général de Masiwa n’a pas manqué de soulever la tenue prochaine des états généraux de la presse. « Si les autorités tiennent à notre participation, qu’elles respectent la loi, si un deuxième cas se présente au mépris des règles en place, qu’elles soient certaines que ces assises seront boycottées », a-t-il averti.

 

Reste à savoir si son message sera entendu. L’Union des Comores occupe la 56eme place au classement mondial de la liberté de la presse. En 2018, elle se situait à la 49ème place, une perte de 7 points.

 

Fsy

 


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