La Gazette

des Comores

Presse / Halima Hamada, journaliste tabassée par la police

Presse  / Halima Hamada, journaliste tabassée par la police © : HZK-LGDC

Une journaliste du quotidien Al-fajr a été agressée samedi. Halima Hamada se trouvait au lycée de Moroni où elle couvrait, dans le cadre de sa profession, la manifestation des enseignants. Elle sera rouée de coups de matraques par la police nationale.


Moroni, samedi matin. Les enseignants s'apprêtent à faire grève malgré le refus des autorités. Halima Hamada, journaliste à Al-Fajr, est sur place pour couvrir l'évènement. Très vite, la tension monte entre les forces de l'ordre et les enseignants. Un policier, emporté dans son élan, se dirige vers Halima. La journaliste, qui se rend vite compte de la tournure des évènements, mettra aussitôt en évidence son badge de presse qu’elle avait autour du cou. Un geste qui n'aura pas les effets attendus: le policier s'en emparera, le froissera puis le jettera plus loin.

 

Selon le témoignage de la victime qui s’est confiée à La Gazette des Comores, elle a reçu un "violent coup de matraques sur les fesses". Les policiers, qui s'agglutineront alors autour d'elle, tenteront de nouveau de lui asséner des coups aux mêmes endroits; elle esquivera. Là, elle accusera un violent coup de matraques, cette fois au niveau de la hanche. Malmenée, elle reçoit un troisième coup de matraque dans le dos. Toutes ces violences, notre consœur confiera les avoir subies alors que les forces de l'ordre la poussaient vers le pick-up qui la mènera, avec d’autres malchanceux, au commissariat central de la police nationale.

 

Là bas, en dépit de l’insalubrité des locaux, et les propos souvent désobligeants, Halima se sentira dans un refuge sûr juste pour s’être libérée des mains de ses bourreaux. Le patron du commissariat, après avoir identifié la journaliste qui était dans un état très grave, a contacté la rédaction d’Al-fajr et lui a demandé de se rendre au commissariat pour y récupérer leur blessée.

 

Voyant l’état dans lequel était Halima, le commissaire a recommandé au journal de venir avec un véhicule. Al-fajr n’étant pas pourvu de moyen de déplacement, le commissaire central a alors transporté la journaliste à bord de son véhicule de fonction, jusqu’au siège du journal. Le directeur général et le rédacteur en chef du quotidien ont alors pris le relais jusqu’à l’hôpital El-maarouf.

 

Halima Hamada ne souffre heureusement d'aucune fracture. Ses sept jours d’ITT par contre risquent de se prolonger. Sur son lit, à Ntsinimoichongo, Halima, le corps endolori, peine à se mouvoir. Ses capacités motrices semblent sérieusement endommagées. Le conseil national de la presse et de l’audiovisuel a été saisi par le journal Al-fajr: les bourreaux de la jeune femme doivent payer de leurs actes.

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.