Le président de la République a procédé ce samedi à la pose de la première pierre du nouveau centre hospitalier universitaire d'El Maaruf. Un projet de grande envergure estimé à plus de 20 milliards fc, et qui doit être selon le chef de l'État une source de fierté nationale, et dont il promet de s'investir personnellement.
Centre hospitalier universitaire El-Maarouf des Comores tel est le nom donné au projet pharaonique dont le président Azali Assoumani a procédé à la pose de la première pierre samedi dernier. Un imposant bâtiment de cinq niveaux qui sera construit sur 42000m² de surface pour une capacité de plus de 600 lits, avec un financement total de plus de 20 milliards fc. D'après Moussa Dada conseiller du chef de l'État pour les infrastructures, la construction de ce centre hospitalier sera modulaire – facile à réaliser – et les clés seront remises dans un délai de trois ans.
Pour réaliser ce méga projet, Azali Assoumani vise à utiliser « au mieux les ressources financières, humaines et matérielles du pays pour améliorer l'accès aux soins, la qualité et la sécurité de prise en charge des patients et ainsi préparer l'avenir » du système hospitalier des Comores.
Partant d'un constat que les évacuations sanitaires reviennent chères aux comoriens (plus de 1500 personnes par année) pour un coût de six milliards, il a été nécessaire pour le pays de trouver une solution alternative. « Les évacuation sanitaires sont coûteuses pour l'État et pour les familles. Ainsi l'État s'est donné les moyens pour relever ce défi », a-t-il indiqué, ajoutant que les destinations sont devenues de plus en plus onéreuses, les garanties exigées par les ambassades, la facture des soins sont hors de portée de la grande majorité de nos concitoyens.
Et de continuer : « puisque les ressources humaines sont disponibles en quantité et en qualité aussi bien dans le pays qu’au sein de la diaspora, nous avons besoin de rigueur, d’organisation, d'évaluation de surveillance, de garde-fou contre les dérapages et les abus pour faire un prochain plateau technique conduisant ici un joyau et nous en sommes capables ». Dans cette même lancée, le président Azali dit croire en la capacité des comoriens à faire vivre et aboutir dit-il, ce beau projet. « Je suivrai personnellement l'avancé des travaux et je serai très attentif parce que la santé est un droit que nous devons protéger. Je veillerai avec exigence sur la qualité de l'ouvrage car le centre hospitalier El Maarouf doit être une source de fierté nationale », a-t-il fait savoir.
Le président Azali compte aussi sur le personnel pour la gestion du centre. « Les bâtiments que nous allons construire et les équipements que nous allons installer sont certes importants, mais le personnel de santé est essentiel car sans eux rien ne sera possible. Durant les trois années de construction de ce bâtiment nous mettrons tous les moyens » a-t-il dit. Remerciant le choix du chef de l'État qui s'est porté sur le site d'El-Maarouf aussi chargé de sens, le Dr Issulahi Abderemane rappelle que les trois mots qui font un hôpital digne de ce nom – l’hygiène – le matériel – et un personnel qualifié.
Le doyen d'âge du corps médical de son État suggère aux autorités de renforcer les centres hospitaliers de districts. « La santé ne doit pas être cantonnée uniquement à Moroni. Il est insensé que l'on soit parti de Foumbouni pour venir faire des analyses à Moroni ou de Mitsamiouli pour venir faire une radiologie », a-t-il martelé. Il faut noter que l'ombre des ruines de l’hôtel Galawa est dans les esprits de beaucoup de comoriens. Ce en quoi l'architecte du projet appelle à l'optimisme et rassure sur la réalisation du projet. Un bâtiment qui va dit-il changer le visage de Moroni dans les décennies qui viennent.
Maoulida Mbaé
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