La Gazette

des Comores

Politique migratoire : Pour un cadre institutionnel et juridique résilient

Politique migratoire : Pour un cadre institutionnel et juridique résilient © : HZK-LGDC

Le ministère de l’intérieur avec l’appui technique de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), a clôturé le 2 avril à Moroni un atelier de formation de trois jours. Réunissant des cadres de l’administration comorienne, cette initiative marque une rupture avec la gestion réactive du passé pour jeter les bases d’une politique nationale de migration moderne et structurée, capable de concilier sécurité nationale, respect des droits humains et levier de développement économique.


La gestion des flux migratoires dans l'archipel ne sera plus une simple affaire de réaction aux crises. C’est l’ambition affichée au terme de cet atelier qui a permis de doter les responsables nationaux d'outils techniques de pointe. Pour le gouvernement, l’enjeu est de transformer la migration en une opportunité de croissance tout en sécurisant les frontières. L'un des acquis de cette session est le décloisonnement des administrations. En alignant le ministère de l’intérieur, les affaires étrangères et la justice, l’État s’assure que chaque décision soit cohérente sur tous les fronts régaliens. Mohamed El-Had Abbas, conseiller technique du ministre de l’intérieur, qui a participé à l'atelier, souligne : « Cette session a marqué un tournant décisif, passant d'une gestion réactive et isolée à une stratégie nationale proactive et cohérente. L'objectif était de doter les cadres comoriens d'une vision holistique. Les échanges ont permis de sortir des suppositions pour s'ancrer dans une gouvernance fondée sur des données probantes.»

 

Selon lui, cette maîtrise des cycles politiques permet désormais d'articuler le diagnostic, via la collecte de données, à la formulation de lois concrètes. L'idée étant de sortir des sentiers battus par une gouvernance fondée sur des données probantes, permettant d'identifier les profils des migrants et de faciliter la mobilité des compétences, ainsi que les transferts de fonds de la diaspora. Face à la hausse des flux migratoires, notamment en provenance du continent africain, l'atelier a défini trois piliers opérationnels. D'abord, une gestion moderne des frontières pour garantir des passages fluides mais sécurisés. Ensuite, un alignement législatif strict pour harmoniser sécurité nationale et procédures administratives. Enfin, un système d'anticipation et de monitoring stratégique pour allouer les ressources de surveillance là où les risques sont les plus élevés.

 

L’appui de l’OIM, via la méthodologie Essentials of Migration Management (EMM 2.0), inscrit désormais les Comores dans une dynamique multilatérale. En adoptant le « langage technique » international, le pays facilite la coopération régionale sur des sujets sensibles tels que le sauvetage en mer et la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains. Sur le plan législatif, le futur cadre ne se contentera pas de réguler. Il intègre une dimension humaine, en accord avec le Pacte mondial pour les migrations. L'accent mis sur les droits humains et le genre garantit que la politique ne soit pas uniquement sécuritaire, mais qu'elle prenne en compte la dignité humaine et les besoins spécifiques des populations migrantes. Des mécanismes spécifiques seront déployés pour protéger les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants non accompagnés. En combinant droit international et textes nationaux, l'Union des Comores se dote d'un bouclier juridique résilient, garantissant que la gestion des flux reste inclusive et respectueuse des libertés fondamentales. Cette réforme, au cœur de la stabilité du pays, place désormais la migration comme un moteur essentiel de la prospérité future de notre pays.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 

 


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