« Mon expérience professionnelle me dit que plus de 60% des amendes que nous infligeons aux automobilistes ne sont pas payés. Tout se passe au tribunal de première instance auprès duquel les paiements doivent être effectués », confirme un commissaire de police qui rend le tribunal responsable.
Les infractions routières sont fréquentes et pourtant ce n’est pas le cas pour les sanctions adéquates qui sont quasi-absentes. La raison serait que les amendes infligées par la police ne seraient qu’un coup d’épée dans l’eau. Et par conséquent, ils se découragent de leurs mauvais résultats. C’est en tout cas la thèse avancée par un haut gradé de la police nationale.
Quinze ans de service dans le maintien de l’ordre, un commissaire en fonction qui requiert l’anonymat dit en connaître beaucoup sur les mauvaises pratiques qui font que le problème de la circulation est loin de sortir de l’auberge, selon son avis. A titre d’exemple, il a pris le cas des surnombres. D’après celui qui dit avoir dirigé une brigade routière pendant cinq années, pour chaque passager en surnombre l’amende est de 18 000fc.
« Au final hélas, on se rend compte qu’on ne faisait que gaspiller des papiers et nous coller une peau de méchant pour rien. Le chauffeur ou le propriétaire du véhicule se présente au tribunal où, après dépouillement, nous déposons lesdites amendes, voir une connaissance pour effacement », nous révèle-t-il. Les réquisitions faites sur les véhicules dont les amendes n’ont pas été réglées représentent « moins de 40% » du nombre exact des pénalités frappées.
Toujours selon le commissaire, hormis l’effacement il y aurait aussi les réductions arbitraires desdites pénalités par des employés du tribunal. Une pratique reconnue par un chauffeur de taxi et un magistrat. Surnombre, refus d’obtempérer, défaut ou non présentation de documents (assurance, permis, visite technique), entrave à la circulation, stationnement abusif, non port de ceinture, hayon ouvert lors de la marche…toutes ces infractions se passent au vu et au su des autorités routières en toute impunité.
Toufé Maecha
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