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des Comores

Plastic Odyssey aux Comores : Un appel à agir pour l’urgence écologique

Plastic Odyssey aux Comores :  Un appel à agir pour l’urgence écologique © : HZK-LGDC

De passage à Moroni dans le cadre de son tour du monde, le navire-laboratoire Plastic Odyssey a réuni acteurs locaux, institutions et citoyens engagés pour partager des solutions concrètes contre la pollution plastique. Lors de son escale à Mohéli, des prélèvements effectués dans les mangroves et les fonds marins ont révélé une importante accumulation de déchets plastiques. Des déchets qui, loin de provenir de la mer, trouvent leur origine sur terre. Un constat alarmant qui appelle à une remise en question urgente de nos comportements quotidiens.


À l’occasion de l’escale du navire Plastic Odyssey à Moroni, l’ambassadeur de France a accueilli mardi 01 juillet l’équipage à sa résidence de Voidjou. Une occasion de rassembler les acteurs engagés dans la lutte contre la pollution plastique dans l’océan Indien. L'événement a mis à l'honneur une initiative aussi innovante que symbolique : celle d’un bateau-laboratoire engagé dans un tour du monde pour promouvoir l’économie circulaire et valoriser les déchets plastiques. Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur Sylvain Riquier a salué l’arrivée de l’équipage et rappelé l’importance de cette aventure humaine et scientifique, menée depuis trois ans à travers les océans. « Plastic Odyssey, c’est un seul bateau, mais un immense enjeu. Celui de la protection des océans face à la menace plastique. Une cause que les Comores, en tant qu’État insulaire, connaissent bien. »

Après une première escale à Mohéli, le navire a jeté l’ancre à Moroni ce week-end, et  rejoindra  Anjouan prochainement. À chaque étape, l’équipe à bord mène à la fois des activités scientifiques, des formations et des actions de sensibilisation. À Mohéli, des prélèvements ont été réalisés dans les mangroves et les fonds marins, révélant une forte accumulation de plastique.« Ces déchets ne viennent pas de la mer, mais de la terre », rappelle Morgane Kerdoncuff,  membre de l’équipe. « La vraie solution est terrestre : Il est donc crucial d’agir à terre : collecte, valorisation, et recyclage des déchets. C’est en leur donnant de la valeur que nous pourrons  l’empêcher de polluer les océans. »

Selon l’équipe un appel à candidatures a permis de sélectionner plus de vingt Comoriens et Comoriennes désireux de se former au recyclage du plastique à bord du navire. L’objectif  est de les accompagner dans la création de micro-centres de traitement et de valorisation des déchets plastiques, adaptés au contexte local. Ces actions seront suivies dans le cadre du projet régional EXPLOI, porté par la Commission de l’Océan Indien (COI) sur cinq ans. « Ce n’est pas un projet ponctuel, mais le début d’une dynamique de long terme », a précisé un représentant de la COI, qui œuvre pour que ces solutions s’intègrent durablement aux politiques publiques locales. Le volet éducatif n’est pas oublié. Des élèves des écoles comoriennes visiteront prochainement le navire. Conférences, animations, carnavals et échanges avec les populations ont été organisés sur l’ensemble des trois îles. « L’éducation environnementale doit commencer très tôt. Refuser un sachet plastique au marché, ça peut sembler anodin, mais c’est déjà un acte citoyen », rappelle Anfani  Msoili , chargé de mission de la COI .

Le soutien des autorités comoriennes a également été salué. Le président Azali Assoumani a rencontré l’équipe à Mohéli, à l’occasion de la Fête de la Tortue. Il s’est notamment engagé en faveur du traité international sur la haute mer, engagement pris à Nice en juin dernier lors de la conférence des Nations Unies sur l’Océan. « Nous espérons que les Comores feront partie des dix États qui permettront sa ratification définitive. Ce serait un signal fort », souligne l’Ambassadeur de France. L’Union européenne, l’AFD et les ONG locales, notamment l’ONG 2 mains, ont également été citées parmi les partenaires clés de la mission. « Il faut des réponses collectives à un défi global », a insisté l’ambassadeur. « La lutte contre la pollution plastique ne peut reposer uniquement sur des gestes individuels. Elle appelle des changements systémiques. »

L’escale comorienne marque la fin de la mission de Plastic Odyssey dans l’océan Indien, après des étapes à La Réunion, Maurice, Madagascar et les Seychelles. Le navire poursuivra sa route vers d’autres continents, pour documenter et partager les solutions locales contre la pollution plastique. « Nous avons vu ici des entrepreneurs capables de transformer le plastique en mobilier ou en matériaux de construction. C’est possible. Et c’est encourageant », conclut un membre de l’équipage. Comme le dit si bien le diplomate français : « le pire est possible, mais le meilleur aussi. Et cela dépend de nous ». Un message pour conscientiser la population sur le danger de la pollution plastique.

 Andjouza Abouheir

 

 


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