Le taux de croissance de la population comorienne est estimé à 2,7%, avec quatre comoriens sur dix ayant moins de 25 ans. A ce rythme, la population devrait doubler quasiment à chaque quart de siècle. Nous devrions donc frôler les 2 millions d’âmes d’ici 25 ans. Invertir en conséquence et parallèlement limiter les naissances, tels sont les défis auxquels le pays se prépare à faire face.
En effet, pour le président de la République, représenté par son vice-président en charge de l’aménagement du territoire, cet accroissement rapide de la population comorienne constitue un défi majeur pour le pays, en rapport avec l’amélioration du capital humain et du relèvement du niveau de vie des comoriens. « Cela nous engage à effectuer une augmentation de nos investissements susceptible de générer une croissance économique, mais cette dernière ne peut se pérenniser que grâce à la promotion significative du capital humain et à une réduction du nombre de personnes à charge pour un individu actif », aura-t-il déclaré.
Le fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa), en symbiose avec le ministère de la santé, plaide auprès du gouvernement pour une dotation d’une ligne budgétaire en faveur de la planification familiale, en vue de répondre aux défis démographiques du moment qui constituent un frein à la réduction de la pauvreté. Au moment où nous mettions sous presse, nous aurons appris que l’Etat a donné l’accord de principe et qu’il serait prêt à débloquer 100 millions Kmf à cet effet. Une grande première !
Selon un rapport du ministère de la santé, 96% des femmes connaissent au moins une méthode contraceptive moderne. La proportion d’utilisatrices de ladite méthode parmi les femmes en union est 14%, et 32% parmi les femmes non en union et sexuellement actives. Le même rapport poursuit que la pratique d’une méthode contraceptive augmente avec le niveau d’instruction. Sur la tranche d’âge de 15 à 49 ans, 17% de femmes qui utilisent la contraception ont un niveau de seconde et plus, 15% ont un niveau primaire, et 11% n’ont aucun niveau d’instruction.
En revanche, 32% des femmes actuellement en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Dans une conférence de presse donnée en marge de la cérémonie, la secrétaire générale du ministère de la santé se demande si ce n’était pas leurs maris qui leur en empêchaient. L’agenda national sur la reproduction, couvrant la période 2015-2019, devrait apporter des réponses à cette interrogation afin d’y remédier de la façon la plus appropriée, l’idée étant de parvenir à maitriser la croissance démographique sur l’ensemble du territoire.
La cérémonie du lancement officiel du rapport sur l’état de la population mondiale au titre de l’année 2017, a eu lieu hier mardi au Palais du peule en présence du gouvernement dont les trois vice-présidents, le fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) et tant d’autres acteurs de la santé parmi lesquels les plateformes des jeunes. « DES MONDES A PART: Santé, et droits en matière de reproduction à une époque marquée par les inégalités » est le thème choisi pour cette année.
Toufé Maecha
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