La Gazette

des Comores

Pertes sèches pour les vendeurs de brochettes

Pertes sèches pour les vendeurs de brochettes © : HZK-LGDC

Dans son allocution du lundi 23 janvier, le chef de l'Etat a annoncé le renforcement des mesures restrictives pour faire face à la deuxième vague de covid-19. Le couvre-feu de 20 heures à 05 heures du matin a été réinstauré. Une décision justifiée mais qui ne fait pas le bonheur des vendeurs de brochettes et autres commerces nocturnes.


De 20h à 05h du matin, les rues de la capitale et ses environs sont vides. De Rive Gauche jusqu’à Chez Clarisse en passant par place Karthala, c’est le désert total. Les clients qui fréquentent habituellement ces brochetteries ont peur de sortir au risque d’être attrapé par les forces de l’ordre pour violation du couvre feu. Dans cette deuxième vague de Covid-19, ce sont encore eux, qui sont les plus impactés par les mesures restrictives. De 17h à 20h, rares sont les personnes qui s’aventurent dans les lieux pour s’offrir en famille ou entre amis les dernières grillades de viande ou de « mabawa ».

 

Ahmed Ali, un des vendeurs de brochette à Karthala avoue que le président a pris la bonne décision. « C'était la bonne décision à prendre. La décision du président Azali Assoumani a d'ailleurs retardé. Il était temps de renforcer les mesures afin de barrer la route à cette deuxième vague », avoue-t-il, tout en précisant qu’il aurait aimé que le couvre-feu commence à 22h. « Si le couvre-feu était fixé à 22h, nous aurions de la marge pour gagner quelques sous », poursuit-il. 

 

Comme en 2020, le couvre-feu va impacter ces vendeurs de brochettes qui ont certainement des bouches à nourrir. « 20h c’est trot tôt pour nous. Cela ne nous permet pas de bien travailler. Et même on n'arrive pas à écouler la moitié de notre stock de viande. Les clients ont peur d'être attrapés par la gendarmerie. On aimerait bien que le couvre-feu commence à 22 heures », avance-t-il.

 

Un autre vendeur a aussi salué la décision du président Azali et l’appelle à mener une réflexion pour accompagner la population surtout les plus démunis. « C’est notre boulot. Si on ne le fait pas, on sera incapable de trouver quoi à manger et ni même assurer la scolarité de nos enfants. Le président Azali doit commencer à réfléchir sur les conséquences », dit-il. Et lui d’ajouter que : « Jusqu’à 20h, nous avons une petite marge. On n’arrive même pas à écouler ne serait ce que la moitié de ce qu’on a acheté. Mais on n’a pas le choix. On doit respecter la décision des autorités de l’Etat ». 

 

Nassuf Ben Amad

 


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