La Gazette

des Comores

Permis de conduire : Le numérique pour tourner la page des fraudes

Permis de conduire :  Le numérique pour tourner la page des fraudes © : HZK-LGDC

Après plusieurs mois de suspension, la délivrance des permis de conduire reprend, cette fois sous de nouvelles règles plus strictes. Le ministère de l’Aménagement du territoire entend définitivement tourner la page des pratiques douteuses en instaurant un système plus moderne et plus transparent.


Désormais, un plan de réformes ambitieux est en marche pour restaurer l’intégrité du processus d’obtention du permis de conduire. Parmi les mesures phares : l’arrivée du permis numérique, qui renforcera la traçabilité et la sécurité, ainsi qu’un encadrement renforcé des auto-écoles. Objectif affiché : rétablir la confiance et assainir un système gangréné par les fraudes ainsi que de rehausser les standards de sécurité routière. Ces changements visent à garantir la compétence des conducteurs et à améliorer la sécurité routière à travers un système plus rigoureux et transparent. La suspension de la délivrance des permis en août 2024 avait été décidée face à des dysfonctionnements majeurs.

Le ministre Miroidi Aboudou Idarousse avait alors dénoncé un « véritable marché noir », avec des permis accordés à des conducteurs non qualifiés, voire à des mineurs ou à des personnes sans titre de séjour. « Nous devions impérativement assainir le système pour renforcer la sécurité sur nos routes », a-t-il déclaré. La principale innovation réside dans le lancement du permis numérique. Le virage numérique est présenté comme l’un des leviers clés de cette réforme. Grâce à ce nouveau permis digital, les autorités souhaitent limiter les fraudes et mieux sécuriser les données des conducteurs.

Par ailleurs, les auto-écoles devront désormais répondre à des critères d’agrément plus exigeants et justifier de la présence de moniteurs certifiés. « Toute nouvelle auto-école agréée sera suivie de près », a insisté le ministre. Pour garantir l’efficacité de ces réformes, le ministère travaille en étroite collaboration avec les acteurs du secteur, notamment les auto-écoles, les syndicats et les cellules régionales. Le syndicat Usukani wa Massiwa, par la voix de son porte-parole Moustoifa Hamidou, a salué ces nouvelles mesures : « Nous assurerons le relais du ministère pour sensibiliser et encadrer les conducteurs, afin d’instaurer une conduite plus responsable. »

Avec ce nouveau dispositif, les autorités espèrent mettre fin aux dérives du passé et bâtir un système plus fiable et sécurisé. Reste désormais à voir si cette nouvelle feuille de route se traduira concrètement sur le terrain. Le ministre espère, avec ces mesures, restaurer la crédibilité du système et enrayer les dérives qui ont fragilisé la sécurité sur les routes comoriennes. Le défi reste désormais de garantir une mise en œuvre effective et durable de ces réformes sur le terrain.

Mohamed Ali Nasra

 

 

 


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