La semaine dernière, comme c’est devenu la coutume depuis deux ans, les ministres et les secrétaires généraux étaient invités au palais de Beit-Salam, pour la remise officielle des lettres de missions pour l’année 2026. Lors de la cérémonie, le coordonnateur de l’action gouvernementale, Nour El-Fath Azali, s’est félicité des 56% de taux de réalisation, en nette progression par rapport aux 18% de 2024, tout en appelant à redoubler d’efforts.
Pour le secrétaire général du gouvernement, cet exercice d’auto-évaluation est une illustration de la volonté du chef de l’Etat de promouvoir le mérite et les compétences. A en croire le site de Beit-Salam, le président Azali a tenu à rappeler la nécessité de « rendre compte aux comoriens, d’améliorer les résultats lors des prochaines évaluations », tout en valorisant : « Le rôle central de la jeunesse ». Il a aussi insisté sur la nécessité de pérenniser cette démarche, pour distinguer ceux qui ont réussi et ceux qui ont échoué à exécuter leurs lettres de missions. Et lors de la cérémonie, des chiffres ont été rendus publics sur les performances des différents ministères pour l’exercice 2025.
Et en y regardant de près, une question saute aux yeux sur l’objectivité du jugement des performances et sur les résultats qui en découlent. On y voit par exemple que sur l’année 2025, sur 69 activités prévues, le ministère des finances sous Ibrahim Mohamed Abdourazak a atteint 83% des objectifs, alors que le transport et la santé, ont à peine atteint les 30% de réalisation. Et au plus grand étonnement, les locataires des deux derniers ministères sont toujours en place, alors que l’ex ministre des finances a pris la porte lors du mini-remaniement du mois de dernier, qui semblait d’ailleurs planifié pour le sortir justement du gouvernement. Pour quelle raison, nul ne peut répondre mais, ce qui est sûre ça ne saurait être lié à une question de performance.
Au-delà des annonces et des chiffres avancés, c’est surtout leur objectivité qui pose question. Comment mesurer, en termes d’impact réel, le passage de 18% à 56% de performance dans le quotidien des populations ? Car dans les faits, les conditions de vie semblent ne pas suivre la même courbe. En matière de pouvoir d’achat, le portefeuille de la ménagère n’a connu aucune amélioration, pire, il se dégrade sous l’inflation galopante. La population continue de faire face, sans changement notable, au rythme des coupures d’eau et d’électricité qui perturbent la vie économique et sociale.
À première vue, le délabrement avancé des routes, dans la capitale pourtant vitrine du pays ne laisse entrevoir aucune amélioration tangible du cadre de vie. Quant à l’accès à l’eau, promis depuis près d’une décennie, il semble sans cesse repoussé aux calendes grecques, faisant de l’eau une ressource plus précieuse que jamais, un véritable “or blanc”. Dès lors, une question s’impose, quelle est la pertinence réelle de ces lettres de mission adressées au gouvernement, si leurs résultats, chiffrés et présentés comme significatifs, ne se traduisent pas par une amélioration perceptible des conditions de vie des populations ?
Imtiyaz
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