La Gazette

des Comores

Patrimoine culturel : Les écoliers à la découverte de la médina d’Iconi

Patrimoine culturel :  Les écoliers à la découverte de la médina d’Iconi © : HZK-LGDC

Plus d’une dizaine d’enfants de moins de 10 ans ont participé, samedi 8 août dernier, à une visite touristique et pédagogique au cœur de la médina d’Iconi, récemment inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les écoliers de l’établissement privé La Maison des Enfants, venus de la diaspora et de Ngazidja, ont pris part à cette immersion destinée à leur faire découvrir l’histoire et le patrimoine de la ville.


L’ascension du Djabal-Djivani s’est notamment faite en compagnie de Chahidati Soilihi, adjointe au maire de Marseille. Organisée pour les élèves de La Maison des Enfants, cette visite avait pour objectif de faire découvrir aux enfants la ville historique d’Iconi et de donner vie à son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, porté notamment par Mohamed Bajrafil et son équipe. Loin d’être de simples spectateurs, les écoliers ont participé activement à l’ensemble du parcours. La journée a débuté au Djabal-Djivani, la montagne qui surplombe Iconi, où l’agriculture reste pratiquée. Munis de carnets, les enfants ont interrogé leurs guides, écouté les récits historiques et partagé leurs découvertes. La visite s’est ensuite poursuivie au cœur de la médina, avec la découverte des lacs, du palais Kaphviri Djéwé et d’autres sites patrimoniaux qui contribuent à l’identité historique et culturelle d’Iconi.

 

Parmi les participants, une fillette s’est particulièrement distinguée. Naymar Adinane Youssouf est parvenue à atteindre la falaise du Djabal sous les encouragements de ses camarades. À l’issue de la visite, elle a témoigné avec fierté de son expérience et de ce qu’elle avait retenu de cette immersion, notamment l’histoire d’un roi qui aurait régné sur Iconi à seulement 17 ans avant d’être chassé de son trône. Une manière pour ces enfants de transformer leurs vacances en un moment d’apprentissage, de découverte et de fierté de leurs origines. Pour Chahidati Soilihi, présente à Iconi à cette occasion, cette expérience illustre pleinement le sens de l’inscription des médinas comoriennes au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Être ici aujourd’hui après la reconnaissance des médinas est une grande fierté », a-t-elle déclaré, estimant que cette inscription constitue une reconnaissance de l’histoire, du patrimoine et de la richesse culturelle de l’archipel. À ses yeux, cette reconnaissance représente également une victoire culturelle susceptible de renforcer le rayonnement des Comores à l’international.

 

L’élue marseillaise d’origine comorienne a également tenu à manifester, par sa présence auprès des enfants de La Maison des Enfants, la solidarité de ce qu’elle présente comme la « cinquième île comorienne », Marseille. Elle rappelle que plus de 10% de la population marseillaise serait d’origine comorienne, faisant de la diaspora un acteur important dans la transmission et la valorisation de cette histoire. Chahidati Soilihi établit d’ailleurs un parallèle entre ses deux villes de cœur. « Marseille est une ville qui ressemble à Iconi », affirme-t-elle, évoquant deux villes « rebelles, cosmopolites et accueillantes », toutes deux tournées vers la mer. « On a les Calanques, vous avez le Djabal », ajoute-t-elle. Selon elle, ces similitudes pourraient constituer un point de départ pour un rapprochement concret entre les deux municipalités.

 

Après s’être entretenue avec l’ambassadeur Mohamed Bajrafil, elle estime que l’inscription au patrimoine mondial pourrait générer des retombées sociales, économiques et culturelles. Elle souligne notamment les possibilités de mieux faire connaître les Comores et Iconi, de valoriser le patrimoine, de soutenir les initiatives locales, de créer des emplois et d’offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse. Elle défend ainsi une conception d’un patrimoine vivant. « Il ne doit pas être seulement une mémoire du passé, mais doit être transmis et devenir une opportunité pour les générations futures », insiste-t-elle. Une philosophie que cette visite a concrètement illustrée à travers la participation des écoliers, invités à découvrir leur histoire tout en s’appropriant leur patrimoine.

 

La journée s’est achevée dans une ambiance festive avec des danses et des chants traditionnels, suivis d’une balade autour du lac et d’un pique-nique partagé avec les familles. Pour la suite, l’adjointe au maire de Marseille annonce vouloir poursuivre les échanges avec les acteurs d’Iconi et d’autres villes comoriennes. Elle porte, avec Mohamed Bajrafil et Nassurdine Haidari, l’idée d’une « autoroute culturelle » ainsi que le projet d’une Maison des Comores à Marseille. Ce lieu passerelle viserait à mieux faire connaître l’histoire et la culture comoriennes et à renforcer les liens entre les deux rives.

 

El-Aniou Fatima

 

 


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