En l'espace de quelques jours, deux figures de l'opposition mohélienne ont reçu ou rencontré le président Azali Assoumani dans des contextes strictement privés. Si l'Opposition Unie de Mwali (OUM) et le parti MOLECO assurent qu'il ne s'agit d'aucun rapprochement politique, ces rencontres ont néanmoins suscité de nombreuses interrogations au sein de l'opinion et alimenté les débats sur les réseaux sociaux.
À Mohéli, deux rencontres impliquant le chef de l'État, Azali Assoumani, et des responsables de l'opposition continuent de défrayer la chronique. D'un côté, le président de l'Opposition Unie de Mwali (OUM), le Dr Abdou Djabir, a reçu le chef de l'État à son domicile à l'occasion de la présentation des condoléances à la famille de feu Yssoufa Ali, ancien commandant de la gendarmerie. De l'autre, le président du parti MOLECO, Dr Hassanaly Abdoulanziz, a accueilli le même président Azali lors du mariage de sa fille. Ces deux événements, bien que présentés comme relevant exclusivement des traditions familiales et sociales, ont alimenté les spéculations sur un éventuel rapprochement entre certains leaders de l'opposition et le pouvoir.
Concernant la visite au domicile d’Abdou Djabir, celui-ci insiste sur le fait qu'elle s'inscrivait uniquement dans un contexte de deuil. Le président de l'OUM a d'ailleurs rappelé une confidence que lui avait faite le défunt Yssoufa Ali, selon laquelle ce dernier et Azali Assoumani étaient des « compagnons d'armes », ayant été formés ensemble pour protéger le pays. Un témoignage qui, selon lui, explique la présence du chef de l'État auprès de la famille endeuillée, sans aucune connotation politique. La présence d'Azali Assoumani au mariage de la fille du président de MOLECO a, quant à elle, provoqué une vive réaction sur les réseaux sociaux. Face aux nombreuses interprétations, le parti a publié un communiqué le 2 août pour démentir toute idée de ralliement.
MOLECO affirme que cette invitation relevait uniquement des liens familiaux et historiques existant entre les deux familles. Le parti rappelle que les traditions comoriennes imposent le respect et la solidarité lors des événements familiaux, quelles que soient les divergences politiques. Dans ce même communiqué, MOLECO réaffirme son appartenance au Rassemblement de l'opposition mohélienne et assure maintenir son opposition à la gouvernance actuelle. Le parti appelle enfin ses militants à ne pas céder aux rumeurs ni aux tentatives de manipulation, réitérant son engagement en faveur de la démocratie. Malgré ces mises au point, ces deux rencontres continuent d'alimenter les discussions au sein de la classe politique mohélienne, où certains observateurs s'interrogent sur la frontière entre relations personnelles, traditions sociales et engagement politique.
Riwad
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