Depuis quelques semaines, on assiste à une course à la farine. Une course qui provoque déjà une baisse de production de la baguette dans plusieurs boulangeries et l’augmentation du prix du pain chez les revendeurs. Omar Ibrahim Mze, dit attendre 4 à 5 conteneurs au port de Moroni à la fin de ce mois d'octobre. Sauf qu'il s'agit d'une espérance.
Si les boulangeries vendent la baguette à 150 FC, les revendeurs eux, vendent le demi-pain à 100 FC. Cette fois, les commerçants ne pointent pas du doigt les taxes douanières. C'est la Covid-19 qui a bouleversé le marché mondial de la farine tout comme les produits de première nécessité. Lors d'un entretien avec Omar Ibrahim Mze concernant le manque du produit, cet importateur de farine avance des raisons basées sur le trafic maritime impacté par la crise sanitaire mondiale. « Actuellement, je devais avoir 3 conteneurs de farine pour trois boulangeries. Et un seul conteneur m'est parvenu faute de bateau. Donc je partage la quantité de farine que j'ai reçue avec les trois boulangeries. Un partage qui réduit la quantité de production des pains à 40% dans ces 3 boulangeries. Et c'est dans le souci de faire en sorte de ne pas manquer de pain d'ici la fin de ce mois », explique-t-il.
A en croire ce commerçant qui commande son produit en France et à Maurice, pour le moment il commandé 4 à 5 conteneurs qui fort probablement, devront être à Moroni début novembre. « En tout cas, c'est ce qui me concerne car il y'a beaucoup de fournisseurs. Mais moi je commande ma farine en France et à Maurice pour des raisons de qualité », précise-t-il. C'est en tenant compte des soucis de transport qu’Omar Ibrahim Mze a émis le doute sur l'arrivée de sa commande. « En fait la Covid-19 a impacté la production du blé en France. Ce qui connote avec des soucis sur le marché de la farine mais surtout les retards des bateaux. La marchandise qu'on attendait en une semaine arrive en deux mois. Voilà pourquoi nous assistons à des pénuries de façon récurrente. Et je ne suis pas si sûr que la quantité de farine que je dispose nous permettra de manger du pain chaque jour en attendant les prochaines cargaisons ».
Sur le plan économique et social, les statistiques démontrent une pénurie logique liée à la farine car dans les périodes du confinement la population s'est focalisée beaucoup plus à la consommation des baguettes. Ainsi, chez certaines boulangeries comme Pain Soleil, Nadjdat, le Goût du pain, les activités de pâtisserie sont réduites en faveur de la boulangerie. Mais la crainte de manquer du pain anime les patrons desdites entreprises. Ce qu'il faut retenir, c’est que l'on accuse le gouvernement d'être responsable de toutes ces crises alimentaires pour des raisons de taxes douanières. Or, Omar Ibrahim Mze explique que partout dans le monde on assiste à une flambée des prix des produits. « Nous sommes censés acheter car il s'agit d'une variation de temps et de production », dit-il.
Kamal Gamal
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