Le pays franchit une étape cruciale dans la transformation numérique avec le lancement officiel de KomoraLink le 24 avril dernier, une infrastructure économique digitale conçue pour structurer, sécuriser et moderniser les échanges commerciaux du pays.
À l’origine du projet, Mohamed Fouad dresse un constat : « Aujourd’hui, la majorité des transactions commerciales aux Comores ne laissent aucune trace numérique. Tout repose sur des appels, des cahiers et des accords verbaux. Cela rend toute organisation économique très difficile. » Avec KomoraLink, cette réalité évolue. « Chaque vente est enregistrée, chaque mouvement de stock est tracé, et chaque commande entre professionnels est documentée », explique-t-il. L’objectif est de rendre enfin visible l’activité économique réelle du pays et de permettre aux professionnels de mieux gérer leurs activités grâce à des outils simples et accessibles. La plateforme ambitionne également de lever un frein majeur à l’investissement de la diaspora.
« La distance ne doit plus être un obstacle. Aujourd’hui, quelqu’un peut investir aux Comores et suivre son commerce en temps réel depuis l’étranger », souligne Mohamed Fouad. Depuis son téléphone, un investisseur peut contrôler ses ventes, surveiller ses stocks et analyser ses performances. « Chaque transaction est tracée, chaque action est horodatée. Le propriétaire garde un contrôle total, même à des milliers de kilomètres », précise-t-il. KomoraLink s’adresse à tous les acteurs économiques : grossistes, commerçants, restaurateurs et livreurs. « Nous avons conçu un outil qui correspond à la réalité du terrain. Un grossiste peut publier son catalogue, un boutiquier peut gérer ses ventes, un restaurateur peut suivre son activité, et un livreur peut organiser son travail », détaille le fondateur.
Accessible sur l’ensemble du territoire Ngazidja, Ndzouani et Mwali, la plateforme se veut inclusive. Mais au-delà de la technologie, l’accompagnement humain est au cœur du projet. « Nous savons que la transition numérique peut être difficile. C’est pourquoi nos équipes vont directement sur le terrain pour former les professionnels, étape par étape », insiste-t-il. La question de la sécurité est également centrale. « Les données sont protégées et chaque utilisateur contrôle les accès à son commerce. Rien n’est laissé au hasard », affirme Mohamed Fouad, en référence au partenariat technologique avec Kartapay, qui garantit des standards internationaux.
Soutenu par la Chambre de Commerce et d’Industrie des Comores, le projet bénéficie d’un appui institutionnel important. Pour faciliter son adoption, KomoraLink est entièrement gratuit pour les professionnels jusqu’au 31 mai 2026. « L’émergence de notre pays passe par la digitalisation de nos commerces. Nous voulons donner aux professionnels les moyens de structurer leur activité et d’augmenter leur chiffre d’affaires », conclut le fondateur.
Mohamed Ali Nasra
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