Mahamoudou Ali Mohamed devient depuis ce samedi le président de la nouvelle organisation patronale des Comores. Une « nouvelle Opaco » qui serait née des cendres de l'ancienne organisation. Son objectif à en croire ses membres ne serait plus de concurrencer le Modec, mais d'être plutôt une force de proposition.
Réunis samedi dernier dans un hôtel de la place pour une assemblée constituante, la « nouvelle Opaco » regroupant 33 entreprises comoriennes et 8 entreprises à capitaux étrangers, en tant que membres, a élu son tout premier bureau. L'élection du nouveau bureau du mouvement des entreprises comoriennes (Modec) serait l’élément déclencheur du réveil brutal d'une organisation qui fut dissoute, il y a deux ans, au profit justement d’un Modec voulu rassembleur de l’ensemble du secteur privé.
« Nous n'avons pas appréhendé au départ, il y a deux ans les problèmes et les enjeux. Nous avons été obligés de prendre conscience et de revenir à l'organisation d'avant, tout en apprenant de nos erreurs », a d'emblée déclaré Mahamoudou Ali Mohamed, le nouveau président de la « nouvelle Opaco ».
D'après-lui la nouvelle organisation « veut être une force de propositions pour capitaliser et développer le secteur privé », a-t-il dit. Et d'ajouter : « un maître mot, c'est de travailler avec les autorités. Mais aussi apporter des réponses concrètes aux préoccupations de ces entrepreneurs avec l'ambition qui est l’intégration des petites sociétés dans les grands chantiers ».
Le nouveau patron des patrons rassure que l’objectif de son organisation n'est pas de concurrencer le Modec : « quand je dis que nous n'avons pas les mêmes intérêts cela ne veut pas dire que nous nous opposons au Modec, nous avons besoin du Modec et le pays en a besoin d'une telle organisation ».
Difficile cependant d'y voir clair dans cette recomposition du secteur privé, à partir du moment où la démission collective au sein du Modec des principaux patrons de la place, si l’on tient compte de la réaction de Hamidou Mhoma, ancien vice-président du Modec et patron de Graphica.
Une démission qui survient à l'en croire d’une divergence d’intérêts. « On a décidé de créer une organisation mais comme nous sommes des bâtisseurs, non pas pour contrer le Modec. Mais plutôt pour défendre les intérêts supérieurs du pays », a-t-il fait savoir, précisant chaque pays dispose de plusieurs organisations professionnelles et chacune a son propre positionnement. La nouvelle Opaco d'après-lui se positionne comme étant celle des grandes entreprises de la place.
Même constat pour Chamsouddine Ahmed. Le patron des Établissements Nassib dit qu'ils ne réinventent rien. « On a vécu pendant plusieurs années avec le Synaco et avec la Fédération du secteur privé. Nous qui sommes là et nous avons cette expérience », a-t-il indiqué. Et de conclure : « il y a eu erreur car on voulait fusionner plusieurs associations qui n'avaient pas peut être les mêmes objectifs ».
Maoulida Mbaé
La composition du nouveau bureau de l'Opaco :
Le président : Mahamoudou Ali Mohamed (entreprise Cbe)
La vice-présidente : Mme Sitti Chihabiddine (société Vaniacom)
Le trésorier: Hamidou Mhoma (Société Graphica)
1er Conseiller Naguib Daroueche (Société SCPMC)
2e Conseiller Mohamed Keldi (Société MagMarket)
3e Conseiller Chamsouddine Ahmed (Etablissements Nassib)
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