Le corps de Naichat Abdou M’madi, une jeune femme de 22 ans, a été retrouvé vendredi 22 mai dans un champ isolé de Dzahadjou-Mbadjini au sud de Ngazidja. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime aurait été tuée à l’arme blanche avant que son corps ne soit transporté puis incendié sur les lieux. Douze personnes ont été interpellées, dont deux considérées comme les principaux suspects.
La découverte du corps a eu lieu dans une zone difficile d’accès, entourée de bananiers et de hautes herbes, à l’écart des habitations. Le cadavre, fortement calciné, était presque méconnaissable, selon des sources proches de l’enquête.La procureure de la République de Moroni, Saïdatte Fatuma Saïd Boina, a indiqué que la piste privilégiée serait liée à un mobile financier. D’après les enquêteurs, la jeune femme aurait été assassinée dans un autre endroit avant que son corps ne soit déplacé vers ce champ isolé. Selon les premières constatations, la victime aurait été tuée à l’aide d’un couteau. Après la découverte du corps, douze personnes ont été placées en garde à vue. Parmi elles figureraient l’auteur présumé du meurtre ainsi qu’un complice présumé, selon une source proche du dossier.
La victime et l’un des suspects travaillaient tous deux à l’hôpital de Foumbouni. La magistrate a confirmé que la jeune femme connaissait son présumé agresseur. Le corps a été retrouvé après trois jours de recherches, menées entre le mercredi 20 et le vendredi 22 mai. Les investigations ont notamment été facilitées par la géolocalisation du téléphone portable de la victime grâce aux données fournies par l’opérateur Telma, malgré le fait que l’appareil ait été éteint. Les enquêteurs indiquent également que la jeune femme aurait pris un taxi conduit par un chauffeur surnommé « Momo », après avoir payé l’aller-retour. Au moment convenu pour le retour, le chauffeur aurait klaxonné sans obtenir de réponse avant de repartir seul. Toujours selon l’enquête, une femme aurait tenté de joindre la victime par téléphone. Un homme aurait répondu brièvement avant de raccrocher immédiatement.
L’équipe de Facebook FM qui s’est rendu à Dzahadjou, nous indique que plusieurs cabanes appartenant aux suspects ont été incendiées par des jeunes de la localité, en signe de colère et pour exprimer leur volonté de voir toute la lumière faite sur cette affaire. Une seule habitation aurait été épargnée, car elle serait considérée par les enquêteurs comme le principal lieu du crime. Toujours selon la même source, cette maison comprendrait deux chambres et un salon. Des éléments laissant penser que la victime aurait subi des violences sexuelles y auraient été constatés et des traces de sang auraient été observées sur un matelas à l’intérieur de l’habitation. Les personnes présentes sur les lieux affirment également avoir remarqué des traces montrant qu’un trou aurait commencé à être creusé, probablement dans l’intention d’y dissimuler le corps. Les auteurs présumés auraient cependant abandonné cette idée après avoir été bloqués par une grosse pierre.
Face à cette difficulté, ils auraient finalement décidé de transporter le corps hors du village, à plus de trente minutes de marche, avant de l’incendier dans une zone isolée. Sur place, le reste des fagots utilisés pour brûler le corps auraient été retrouvés. Après l’incendie, le corps aurait ensuite été déplacé vers un endroit difficile d’accès, marqué par un grand trou entouré de hautes herbes et de végétation dense, selon toujours Fcbook FM.
Cette affaire relance les inquiétudes autour de la montée des crimes violents aux Comores. Depuis la dernière exécution remontant à 1997 sous la présidence de Mohamed Taki Abdoulkarim, la peine de mort n’est plus exécutée dans le pays. Au fil des années, plusieurs affaires d’assassinats et de règlements de comptes ont alimenté le débat public sur l’insécurité et le sentiment d’impunité.
Le meurtre de Naichat Abdou M’madi vient ainsi s’ajouter à une longue série de crimes qui ravivent les interrogations sur l’efficacité de la réponse judiciaire face aux violences criminelles.
Andjouza Abouheir et El-Aniou Fatima
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