La Gazette

des Comores

Médias Auto-censure à l'Ortc ?

Médias Auto-censure à l'Ortc ? © : HZK-LGDC

En cette période post-référendum tendue, les médias plus que jamais doivent se plier à l'éthique de leur profession, avec un devoir d'objectivité et un respect sans faille de la déontologie du métier. A l'Office de radio et télévision des Comores, des journalistes, sous couvert d'anonymat par peur des représailles, déplorent leurs conditions de travail. Tous dénoncent la censure et le sentiment de peur qui prédomine.


« Parfois, on a peur d'être viré si on traite un sujet sur l'opposition. D'ailleurs, depuis un moment, j'ai cessé de traiter la politique pour d'autres domaines comme le sport ou encore l'économie. Au moins je suis sûre que le sujet passera et ne me causera pas d'ennuis », témoigne un journaliste de l'Ortc sous couvert d'anonymat. Un constat amer qui reflète assez fidèlement l'état de la liberté de la presse aux Comores depuis un moment.

 

Lors d'une rencontre ayant réuni les employés de la boîte sise à Voidjou et des membres du Conseil national de la presse et de l'audiovisuel (Cnpa), certains ont dénoncé le climat de peur qui prévaut dans les locaux de l'Office de radio et télévision des Comores. 10 jours après le scrutin controversé sur le projet de révision de la Constitution qui a vu la victoire du oui, le constat est amer pour ces professionnels des médias qui regrettent la censure à laquelle ils sont visiblement contraints. « Le jour du scrutin, l'Ortc n'a pas respecté le silence électoral... Dimanche, nos journaux ont osé revenir sur la campagne », se sont plaints des journalistes d'Ortc à Anjouan et Mohéli.

 

À la radio Ndzouani à titre d'exemple, « on ne met que les avis favorables du gouverneur Salami », a regretté un employé de la RTN Ndzouani. Même chose à l'Ortn Ngazidja, même si le directeur des programmes, Chayhane affirme que le gouverneur Hassane Hamadi n'a jamais donné d'instructions par rapport à ce qu’il faut ou pas diffuser. « Mais comme tous les médias publics, nous pratiquons l'autocensure », rappellera-t-il.

 

Durant la rencontre, les médias privés ont reproché le CNPA un laisser aller de la part du régulateur puisque ce garant de l’audiovisuel laisse certains radios fonctionner illégalement. « Le jour du référendum, les badges du CNPA n’avait plus d’utilité. Tout le monde avait eu l’accès de couvrir l’élection sans un badge », lance un journaliste. De son côté, le CNPA annonce qu’il a pris note et qu’il va améliorer pour les prochains scrutins.

 

Mohamed Youssouf

 

 

 


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