La Gazette

des Comores

Mwana Twamaya ya Mawdu sur le terrain

Mwana Twamaya ya Mawdu sur le terrain © : HZK-LGDC

« Soyez prudentes. Ne vous laissez pas amadouées par leur démagogie. Ils utilisent une pédagogie comme quoi je suis ton oncle, viens ma fille. Et au final, ils nous mangent comme des salades. Pourtant, nous sommes que des gamines ». A seulement 11 ans, Djasmine prend la parole en public et dénonce les viols dont sont victimes les jeunes de son âge.


 

Les agressions sexuelles faites aux femmes et aux enfants ainsi que d’autres actes de délinquance ne cessent d’accroitre ces derniers temps. Dimanche dernier, le village de Dzahadjou dans la région de Hambou et l'association "Mwana twamaya ya mawudu" ont réuni les acteurs de la lutte dont les ONG et institutions pour une sensibilisation sur ce fléau qui inquiète le pays ces derniers temps. Le deuxième adjoint au maire de Hambou Djoumoipanga montre que lutter contre les agressions sexuelles est un combat pour tout le monde. « Notre religion a recommandé de protéger nos enfants afin de les épargner contre ces malfaiteurs. Il est temps pour vous, les associations, ONG, et le gouvernement d'éradiquer ce fléau », appelle de ses vœux Issa Ibrahim.

 

De son côté, l’association Mwana Twamaya ya Mawudu a tenu à remercier le village de Dzahadjou pour cette initiative. Souanda Adame, membre de cette association promet que l’association fera tout pour vaincre ce fléau. « Le viol est plus dangereux que le Coronavirus. Il est temps de nous retrousser les manches et mener un réel combat contre ce fléau », dit-elle, avant d’ajouter que « pour y parvenir, nous demandons le soutien des parents. Il faut à tout prix qu’ils surveillent bien leurs enfants ».

 

Quant à la représentante de la brigade des mineurs, elle montre que les agressions sexuelles sur mineurs sont devenues monnaie courante dans le pays ces derniers temps et cette situation préoccupe tout le monde. « Pour pouvoir éradiquer ce fléau, il faut le soutien de tout le monde. Une fois l’acte commis, il faut le dénoncer. Il ne faut jamais protéger ces pervers quelle que soit la personnalité dans le village car nos adolescents méritent une vie meilleure pour avoir un avenir meilleur », indique Abdou Natidja Omar.

 

Pareillement, Mdradabi Mzairani, responsable du Service d'écoute de Ngazidja, montre à son tour que « cette journée signifie l'importance de ce combat qui est la lutte contre les agressions sexuelles faites aux mineurs. Ça montre également combien on veut éradiquer ce fléau. Je vous promets qu’ensemble nous pouvons gagner cette bataille ».

 

A la fin de cette sensibilisation, une jeune fille de 11 ans a tenu à adresser un message aux autres fillettes comme elle. « Soyez prudentes. Ne vous laissez pas amadouées par leur démagogie. Ils utilisent une pédagogie comme quoi je suis ton oncle, viens ma fille. Et au final, ils nous mangent comme des salades. Pourtant, nous sommes que des gamines. Il est temps que ça cesse », prévient Djasmine Moumine. Elle a saisi l'occasion pour appeler tous les adolescentes et adolescents à dénoncer ces pervers une fois qu'ils tenteraient de passer à l’acte.

 

Nassuf Ben Amad

 


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