La Gazette

des Comores

Mwali face à la pénurie Quand on réclame un dépôt, on nous construit une station

Mwali face à la pénurie Quand on réclame un dépôt, on nous construit une station © : HZK-LGDC

En plein mois de ramadan, l’île de Mohéli replonge dans une énième crise de carburant. Files interminables, rationnement, flambée des prix au marché noir… Pendant que les consommateurs dénoncent une situation devenue chronique, un projet stratégique lancé sous le régime de Ikililou Dhoinine à Hoani reste inachevé. Les citernes, déjà construites, rouillent au soleil, tandis que les autorités misent sur la rénovation d’une station-service.


À peine les festivités terminées, la pénurie s’est installée à Mwali. Depuis plusieurs jours, voitures et motos s’alignent dès l’aube devant la station Ba Natcha, dans l’espoir d’obtenir quelques litres d’essence. « Je suis arrivé à 7 heures, il est presque midi et je n’ai toujours rien », témoigne Ahmed, chauffeur de taxi à Fomboni. « On nous limite à 10 litres. Comment travailler avec ça ? » Samedi 21 février, après des heures d’attente, les agents annoncent une panne de pompe. Colère et incompréhension gagnent les usagers. Le lendemain, nouveau coup dur : deux litres seulement par moto, tandis que les automobilistes sont priés de repartir. « On a l’impression d’être abandonnés », souffle Mariata, commerçante. « Même pour aller chercher des marchandises, c’est devenu un casse-tête. »

Jusqu’à hier mardi 24 février, l’essence demeurait introuvable dans les circuits habituels. En revanche, sur certains axes, des vendeurs ambulants proposent du carburant à 1000 francs comoriens le litre. « Ils disent que ça vient d’Anjouan. Tout le monde le voit, mais rien ne change », confie un habitant. Joint par nos soins, le directeur régional de la Société des hydrocarbures se veut rassurant : un bateau doit quitter Mwali ce mardi pour s’approvisionner à Anjouan et, « si tout va bien », le carburant sera disponible en abondance dès vendredi. Une promesse qui peine à convaincre une population lassée des solutions temporaires. Car au-delà de l’urgence, la question de fond demeure. Depuis des années, l’île souffre d’un manque criant de capacités de stockage.

À Hoani, un projet de dépôt d’hydrocarbures lancé sous le régime d’Ikililou Dhoinine a pourtant bien avancé : toutes les citernes ont été construites. Il ne reste que des travaux de finition. Aujourd’hui, ces infrastructures s’enrouillent, exposées aux intempéries. « On réclame un lieu de stockage sécurisé pour éviter ces ruptures répétées, et on nous rénove une station-service », s’indigne un notable de Hoani. « Une station ne sert à rien si le carburant n’est pas disponible sur l’île. » À Mwali, la frustration grandit. Beaucoup estiment qu’avant d’investir dans un nouveau point de vente, il serait plus judicieux d’achever le dépôt de Hoani. Faute de quoi, l’île risque de revivre encore longtemps le même scénario : files d’attente, rationnement et marché noir, au rythme des bateaux et des promesses.

Riwad

 


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