Le flou administratif autour du bulletin scolaire unique continue de mettre le feu aux poudres à Anjouan. À Mutsamudu, le samedi 3 janvier dernier, la contestation portée par les parents d’élèves des établissements privés a pris une tournure tendue, révélant une fois de plus l’absence de clarté dans la mise en œuvre de cette réforme éducative controversée.
Ces dernières semaines, une session de formation a certes été organisée à Sima à l’intention de certains responsables d’écoles et enseignants. Toutefois, sur le terrain, ni les parents d’élèves ni plusieurs acteurs du secteur éducatif ne disposent d’informations précises sur le cadre juridique, les modalités d’application et les conséquences réelles du bulletin scolaire unique. C’est ce manque de visibilité qui a motivé l’initiative d’un sit-in pacifique à Mutsamudu.
Le rassemblement, porté par le collectif des parents d’élèves des établissements privés d’Anjouan, avait été régulièrement déclaré. Une demande d’autorisation avait été adressée au maire de la ville, avec copie transmise au préfet de l’île, conformément aux procédures légales en vigueur, comme l’a confirmé un parent d’élève, également avocat.
Prévu pour exprimer un rejet clair du bulletin scolaire unique et exiger des explications des autorités compétentes, le sit-in n’a finalement pas pu se tenir. Les forces de l’ordre sont intervenues sur les lieux pour disperser les parents mobilisés, empêchant toute forme de rassemblement structuré et d’échange collectif. Une intervention qui a accentué le sentiment de frustration et d’incompréhension au sein du collectif.
Malgré cette dispersion, Monsieur Zaim, parent d’élève, a brièvement rappelé l’objectif de la mobilisation : refuser une réforme jugée précipitée, mal expliquée et imposée sans concertation. De son côté, Dr Ibraza Oumar, conseiller juridique du collectif, a dénoncé une atteinte au droit fondamental à l’éducation et à la liberté d’expression citoyenne, droits pourtant garantis par les conventions internationales et africaines ratifiées par l’Union des Comores.
Face à cet épisode, le collectif annonce l’envoi imminent d’un nouveau courrier au préfet d’Anjouan afin de solliciter l’autorisation d’un sit-in pacifique le samedi 10 janvier 2026, à la place publique Mzigajou. Déterminés mais ouverts au dialogue, les parents réclament avant tout de la clarté, de la concertation et le respect des principes républicains dans la conduite des réformes éducatives.
Ils rappellent par ailleurs que les écoles privées bénéficient d’une autonomie pédagogique et administrative légalement reconnue. Dès lors, toute imposition d’un bulletin scolaire unique sans concertation préalable constitue, selon eux, une décision unilatérale contestable, contraire aux principes de gouvernance participative et au droit à une éducation de qualité. « On ne peut pas passer outre cette logique », insiste un autre parent et conseiller juridique du collectif.
Younes
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