La Gazette

des Comores

Muharam ou le 1er de l’An musulman 1442

Muharam ou le 1er de l’An musulman 1442 © : HZK-LGDC

Les Comores ont célébré vendredi matin la prière du nouvel an musulman 1442. C’est ainsi que le Président de l’Union Azali Assoumani s’est retrouvé à l’ancienne Mosquée de Vendredi de Moroni où il a honoré cette prière, masqué et habillé d’un boubou et d’une veste brodée d’un fil d’or. Ce fut l’occasion pour le Prédicateur Mougalide, d’interpeller le Chef de l’Etat sur la montée de la consommation des drogues dans notre pays, et ses conséquences collatérales dont sont victimes beaucoup de jeunes. Un discours salué par le Président du Réseau National Anti Drogue qui sur invitation de la Région de Hamahamet le RéNAD donnait une conférence sur la drogue samedi 22 aout à Itsandzeni sur ce thème de la drogue et les solutions à apporter.


Les habitants de Moroni, se sont retrouvé à l’ancienne mosquée de vendredi place Badjanani pour célébrer le nouvel an musulman 1442 dans la quiétude et la bonté, malgré la situation de Covid-19 qui sévit dans le monde.

 

Si dans son ensemble, la population s’est protégée derrière les masques tous styles confondus, le public venu nombreux n’a pas pris le soin de respecter la distanciation physique. Après la lecture de la sourate Yassine, une litanie en langue arabe (douan) a été faite pour implorer la protection et la bénédiction divine.

 

Un nouvel an masqué contre le Covid_19 et la drogue

 

Prenant la parole le prédicateur Foundi Mougalide, a dénoncé la recrudescence de la délinquance qui prend des proportions considérables dans notre pays. Ce fut l’occasion pour lui d’interpeller le Chef de l’Etat sur ce qu’il a qualifié de tendance comportementale mal sain atteignant la société comorienne, allant de la violence de toutes sortes à la consommation de drogue sous toutes leurs formes. Il n’a pas manqué l’occasion de sonner l’arme sur la nouvelle vague de drogues qui sévit sur le territoire comorien et qui transforme tant de jeunes en zombies et en l’occurrence la drogue dite ‘’chimique’’ et de se prononcer en ces termes:

 

« Monsieur Le Président, nous sollicitons votre concours pour trouver une solution vis à vis de cette délinquance montante, sources de tous les maux, qui envahit notre pays, emportant dans ses ravages des jeunes filles qui hier étaient des enfants respectueux dans leurs habits et  habitudes exemplaires, et qui du jour au lendemain on les retrouve transformées dans la rue déshabillées, emportées par une détérioration morale et psychologique. Et quand on demande qu’est ce qui leur arrive, on a pour toute réponse: elle est victime de la fameuse chimique. Avant de conclure : « Monsieur le Président, la consommation des drogues dans notre pays a atteint des proportions sans précédent, nos jeunes ne savent pas où donner de la tête ».

 

Le RéNAD prend son bâton de pèlerin en débutant par Itsandzéni

 

Pour Abderemane Boina Mohamed (MAB Elhad), Président du Réseau National Anti Drogue (RéNAD) une ONG - Comorienne investie dans la prévention, la formation et l’accompagnement en matière de lutte contre l’offre et la demande des drogues, l’intervention de Foundi Mougalid était bien fondée et son propos objectif. Avec 167 jeunes adeptes de la consommation de drogues dures déclarés officiellement et trois cas de contamination au VIH Sida par échanges de seringues depuis 2017, cela va s’en dire que la situation devient de plus en plus dramatique, et que mine de rien, entre 2017 et 2018 les statistiques montrent une augmentation de 68 cas supplémentaires annuels. Or comble de misère depuis rien n’à été fait pendant que l’épidémie de l’ivresse des utilisateurs de drogues par injections intraveineuses (UDI) continuent de faire ses ravages. Et là encore on ne parle plus des consommateurs de cannabis qui ne sont plus à la mode. L’arrivée de la drogue dite chimique, produite à Anjouan et livrée à Moroni par vedette de pêche au crépuscule sur le petit port du café du port vient relancer le débat.

 

Au-delà que la drogue est à la source de rixes inter-villages, elle fait aussi partir en fumer la vie de notre jeunesse, qui se sent abandonnée, sans aucun centre de prise en charge. Si les mieux lotis peuvent être envoyés à l’île Maurice ou en Chine pour se faire soigner, les laissés pour compte eux resteront la risée de leurs villages avant de se retrouver conduits et abandonnés dans les rue de Moroni la capitale de l’Union des Comores.

 

Mais peu importe, pendant ce temps la drogue continue d’être déversée dans notre pays pour nous faire planer aux quatre coins des quatre îles de la lune. Comme nous l’avons constaté au travers des saisies opérées ces derniers temps par les services de l’ordre, et publiées dans la presse comorienne,  l’apparition du COVID-19 dans notre pays n’a pas manqué d’apporter la baraka aux trafiquants de tous acabits, grace à son paravant qui a servi de protection pour faire débarquer les drogues, pour preuves les quantités de drogues pécher dans nos eaux par des pécheurs dans certains villages. Quand à la consommation de cocaïne et d’héroïne dans notre pays, les saisies de petites quantités prouvent si besoin était, la position de pays de transite auquel notre pays se voit exposé sur l’échiquier du transit de la drogue en devenant une plaque tournante.

 

Les saisies de faux billets en euros, opérées ces derniers temps en grande quantités que ce soit par la police nationale avec d’autres drogues ou ceux saisis par la Brigade de Recherches ce mardi 18 aout 2020, prouvent une fois de plus, les ramifications entre les trafiquants de drogue, les milieux des faussaires dont la plus part sont des immigrants clandestins.

 

Haled A.

 

 


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