Un mois après son arrestation, le reggaeman comorien Moustoifa Idaroussi, plus connu par son nom de scène « Wanamah » reste détenu à la prison de Moroni. Interpellé le 22 avril dernier à son domicile, l’artiste de 57 ans continue d’attendre l’évolution de sa situation judiciaire, alors que sa demande de remise en liberté a été rejetée par la chambre de mise en accusation.
La juridiction, réunie à huis clos le mardi 19 mai, a écarté les arguments avancés par la défense, notamment la prescription de la peine prévue par l’article 764 du Code de procédure pénale ainsi que l’état de santé du chanteur. Selon une source proche du dossier, l’arrestation de Moustoifa Idaroussi se serait déroulée sans présentation de document légal au moment de l’interpellation. L’artiste aurait ensuite été conduit directement à la maison d’arrêt de Moroni. La demande de levée de détention introduite devant la chambre d’accusation a finalement été rejetée le 20 mai, selon les informations recueillies. L’affaire trouve son origine dans un litige foncier datant de 2012 autour d’un terrain familial situé à Kaïkaïvo.
Cette année-là, Ali Idaroussi, demi-frère du chanteur, avait porté plainte et obtenu gain de cause. Un jugement correctionnel avait ensuite été rendu en 2018. À l’époque, Moustoifa Idaroussi avait passé sept jours en détention avant d’être libéré. D’après la même source, le terrain concerné aurait été donné par le père de l’artiste à son épouse. Un testament mentionnerait que le bien devait être partagé entre les six enfants de la famille, parmi lesquels figure le chanteur. Les proches de l’artiste estiment aujourd’hui que le délai légal de prescription de cinq ans prévus par l’article 764 du Code de procédure pénale serait dépassé. Cet article précise que « les peines portées par un arrêt ou jugement rendu en matière correctionnelle se prescrivent par cinq années révolues à compter de la date où cet arrêt ou jugement est devenu définitif ».
La défense avait également versé au dossier un certificat médical évoquant plusieurs problèmes de santé, notamment une hypertension artérielle, des troubles anxieux accompagnés de crises de panique récurrentes ainsi que d’autres pathologies. Mais ces éléments n’ont pas été retenus par la chambre de mise en accusation, selon la source proche du dossier. Cette dernière considère par ailleurs que l’absence supposée de document légal lors de l’interpellation, combinée à la question de la prescription, pourrait constituer un vice de procédure.
Figure connue du reggae comorien depuis le début des années 2000, Moustoifa Idaroussi s’était particulièrement illustré lors d’un concert organisé au stade de Moroni le 27 juillet 2002. Avant cette affaire, l’artiste n’avait jamais connu un si longue incarcération. À ce jour, aucune nouvelle audience ni aucun recours n’ont été officiellement annoncés. Le chanteur demeure détenu à la prison de Moroni dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.
El-Aniou Fatima
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