Après le passage de la tempête Dikeledi, Mayotte se prépare à affronter le Kashkasi dès ce lundi 13 janvier, un phénomène de mousson saisonnier susceptible d’aggraver les dégâts sur un territoire déjà fragilisé.
La tempête Dikeledi, qui a frappé Mayotte ce week-end (samedi 11 et dimanche12 janvier), a provoqué des inondations, des glissements de terrain et rendu de nombreuses routes impraticables. Sur la route reliant Mzouazia à Mbouanatsa, un éboulement a bloqué la circulation. Les habitants, aux côtés des forces de l’ordre et de la sécurité civile, se sont mobilisés pour dégager les voies. « Nous avons passé toute la nuit à essayer de sauver nos maisons des inondations », témoigne Amina Abdoussalam, native de Nioumamilima-Mbadjini, et habitante de Mzouazia. « Maintenant, il faut encore se préparer au Kashkasi. On n’a même pas le temps de souffler. »
Alors que la tempête s’éloigne, le territoire reste sous tension avec l’arrivée annoncée du Kashkasi, attendu dès ce lundi 13 janvier. Ce vent de mousson chaud et humide, typique de la saison des pluies, pourrait provoquer de nouvelles averses diluviennes. « Les vents de la tempête ont déjà arraché des tôles de nos maisons, et on nous parle maintenant de la mousson. C’est comme si la nature ne nous laissait pas de répit », confie Abdou Houmadi, habitant de Mamoudzou, visiblement fatigué par les récents événements et qui aimerait retourner retrouver les siens à la Grande Comore.
Floriane Ben Hassen, responsable de Météo France Mayotte, explique que « Dikeledi a ouvert un passage pour le flux de Kashkasi. Les pluies risquent d’être particulièrement intenses, surtout dans le nord et l’ouest de l’île », lit-on dans Mayotte la1ère. Et Face à cette situation, le préfet François-Xavier Bieuville a maintenu l’alerte rouge jusqu’à lundi soir. Il appelle à la vigilance : « Nous devons faire preuve de solidarité et d’organisation. Les risques de glissements de terrain et d’inondations restent élevés. »
Pour Hakim Abdourahmane, jeune volontaire dans un village sinistré, l’entraide est essentielle:« Nous avons déjà vu trop de dégâts. Maintenant, il faut se soutenir et aider ceux qui ont tout perdu. » Les habitants de Mayotte sont invités à rester chez eux et à éviter tout déplacement non essentiel jusqu’à mardi, date à laquelle une amélioration des conditions météorologiques est attendue. Mais pour beaucoup, le traumatisme laissé par Dikeledi est encore bien présent. « Chaque coup de vent nous fait peur maintenant », confie Mariama Said, les yeux remplies de larmes. Malgré les épreuves, l’esprit de résilience des Mahorais demeure palpable, alors qu’ils s’organisent pour affronter cette nouvelle épreuve.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC