La Gazette

des Comores

Mort de Housni Massoundi : Sept ans de prison pour Nizar, neuf ans par défaut pour cinq autres

Mort de Housni Massoundi :  Sept ans de prison pour Nizar, neuf ans par défaut pour cinq autres © : HZK-LGDC

Le 16 juillet dernier, la cour d’assises a rendu son verdict dans une affaire marquée par des zones d’ombre : celle de la mort tragique de Housni Massoundi, décédé des suites d’une rixe dans la nuit du 21 août 2024.


À la barre, Nizar Hassane, 25 ans, seul présent parmi les six accusés, a été condamné à 7 ans de prison pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les cinq autres prévenus, dont Mouzamil, surnommé "Mbappé", actuellement en fuite, ont été condamnés par défaut à 9 ans de prison chacun. Devant les juges, Nizar a raconté sa version des faits. Ce soir-là, lui et ses amis d’Irohé ya Washili se rendaient à un twarab lorsqu’ils ont été bloqués par un groupe mené, selon lui, par Mbappé. « Ils ont barré la route. Notre chauffeur a forcé le passage. Mbappé s’est approché, on ne comprenait pas pourquoi. Puis des pierres ont commencé à pleuvoir. J’ai été touché. La bagarre a éclaté », a-t-il expliqué, reconnaissant ensuite avoir frappé Housni avec un bâton. Il assure cependant n’avoir jamais eu l’intention de le tuer : « Housni s’est relevé et s’est éloigné.»

La cour n’a pas retenu l’hypothèse d’un homicide involontaire, estimant que les coups portés étaient bien volontaires, même sans intention létale. Le flou persiste cependant sur le rôle des absents, notamment celui de Mbappé, soupçonné d’avoir orchestré une vengeance après un match de football. Selon plusieurs sources, cinq mandats d’arrêt ont été émis contre les prévenus absents, tous condamnés en leur absence. Pour Me Mohamed Abderemane Hilal, avocat de la défense, le procès reste incomplet. « Sans Mbappé, mon client ne serait pas dans cette situation. C’était un guet-apens. Nizar n’était pas prêt à se battre, il portait un nkandu. » Il plaide la légitime défense.

De son côté, Me Mohamed Nassur, avocat de la partie civile, souligne l’incertitude qui entoure les circonstances exactes de la mort de Housni. « Sa famille parle d’hémorragie interne. Housni n’était pas directement visé, c’est son cousin qui était concerné. Dire qu’un simple coup de bâton dans le dos a suffi à causer la mort paraît insuffisant. » L’avocat précise aussi que la mère de la victime ne réclame pas d’indemnisation, mais demande que toute la lumière soit faite sur cette nuit tragique.

Ce procès met en lumière les limites du système judiciaire comorien face aux violences collectives : des verdicts lourds rendus en l’absence d’une partie des accusés, sans confrontation directe ni clarification complète des faits ou reconstitution du crime. Il relance le débat sur la nécessité de renforcer les enquêtes, d’améliorer l’exécution des mandats d’arrêt, et de développer la coopération judiciaire, notamment avec Mayotte, pour que justice soit rendue dans son intégralité.

Mohamed Ali Nasra

 

 


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