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des Comores

Mort de Fakri Farid à Marseille : Quand l’influenceur MHD légitime la riposte du meurtrier présumé

Mort de Fakri Farid à Marseille :  Quand l’influenceur MHD légitime la riposte du meurtrier présumé © : HZK-LGDC

Fakri Farid, originaire de Mbachile dans le Bambao et marié à une jeune femme de Foumbouni dans le Mbadjini, a perdu la vie, le vendredi 22 mai 2026 à Marseille, à l’issue d’une altercation d’une extrême violence. Le drame, survenu dans un contexte de tensions personnelles, continue de bouleverser la communauté comorienne, en France comme aux Comores. Comme pour ne rien arranger à la situation, l’influenceur d’origine comorienne MHD n’a point condamné les faits. Au contraire, il légitime sans sourciller la riposte qui a conduit à la mort de Fakri.


Selon les éléments rapportés, la confrontation aurait débuté par des coups portés par Fakri Farid à un autre homme, soupçonné d’entretenir une relation avec son épouse. Présent sur les lieux, l’influenceur d’origine comorienne connu sous le nom de MHD Prod, a livré sa version des faits sur les réseaux sociaux. « J’étais là, j’ai tout vu. Fakri l’a frappé une fois, deux fois, puis trois fois et l’homme n’a pas réagi », affirme-t-il. Il poursuit en expliquant que « c’est à la quatrième fois, quand il voulait recommencer, que l’autre a décidé de se défendre ». La situation bascule alors brutalement. L’homme riposte, projette Fakri au sol et frappe sa tête contre le bitume à plusieurs reprises. Des gestes d’une violence extrême qui entraîneront la mort du jeune de 34 ans.

 

Dans ses interventions, MHD Prod ne se limite pas à relater les faits. Il adopte une position qui tend à justifier la réaction du présumé meurtrier de Fakri. « Quand quelqu’un te frappe, c’est normal de répondre », déclare-t-il, ajoutant que Fakri « a appris une leçon après avoir frappé trois fois ». Il affirme également avoir été parmi ceux qui empêchaient les amis de Fakri d’intervenir. « Ses amis voulaient venir, mais il y avait quelqu’un pour les retenir, et moi j’étais avec ceux qui les empêchaient d’intervenir », dit-il encore. Dans le même temps, il précise que Fakri « comptait sur ses amis », tout en soulignant que ces derniers étaient alcoolisés et incapables de réagir.

 

Au sein de la diaspora comorienne en France, l’émotion est vive. Soulé Mouayad, membre de la communauté installé à Marseille confie que « ce qui choque, ce n’est pas seulement la bagarre, mais la manière dont elle s’est terminée ». Selon lui, « répondre à des coups peut arriver, mais là, on est allé trop loin. À partir du moment où quelqu’un est au sol, il faut séparer les protagonistes ». Il insiste également sur l’environnement du drame. « L’alcool, la tension, les histoires personnelles tout ça peut faire exploser une situation. Mais rien de tout cela ne justifie pas qu’on laisse quelqu’un mourir sans intervenir ».

 

Aux Comores, la nouvelle a suscité tristesse et incompréhension. Pour un habitant de Ngazidja, « on ne reconnaît pas nos valeurs dans ce genre de scènes ». « Se battre, ça peut arriver, mais il y a des limites. Frapper quelqu’un jusqu’à ce qu’il meure, ce n’est pas une leçon », explique-t-il. Il évoque aussi la question des témoins. « Le plus dur à accepter, c’est que des gens étaient là. Normalement, on sépare, on calme. On ne regarde pas ». Ce drame laisse derrière lui une communauté sous le choc, et le sentiment qu’à plusieurs moments, l’irréparable aurait pu être évité.

 

Mohamed Ali Nasra

 


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