Après une semaine de grève, le président du parti Swauti, Housni Mohamed Abdou, a animé un point de presse ce lundi 18 mai au siège du parti. Cette rencontre a été consacrée à la crise sociale et institutionnelle provoquée par la hausse des prix des produits pétroliers, ainsi qu’aux événements tragiques survenus à Anjouan.
Dans son intervention, il a d'abord exprimé sa profonde compassion aux familles des victimes, aux blessés ainsi qu’à l’ensemble des citoyens affectés par cette crise. Le parti considère que les pertes en vies humaines enregistrées lors des manifestations constituent un fait extrêmement grave qui exige vérité, responsabilité et justice. Il dénonce l’usage disproportionné de la force dans la gestion des manifestations sociales et appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier les responsables et de sanctionner toute faute ou dérive ayant conduit à ces drames.
Le cofondateur de Swauti a alerté sur la grave crise de confiance qui frappe les institutions publiques, notamment après l’évacuation de blessés vers Mayotte dans des conditions jugées particulièrement préoccupantes. Estimant que les considérations politiques ou diplomatiques ne doivent pas empêcher la mise en place de mécanismes humanitaires destinés à sauver des vies humaines, il appelle à la création d’un protocole sanitaire d’urgence sécurisé pour les évacuations médicales vers Mayotte. Concernant la gestion gouvernementale de cette crise, Housni Mohamed Abdou déplore une succession d’improvisations, d’incohérences administratives et une absence de coordination institutionnelle. « J’estime que la suspension des mesures liées à la hausse des prix des hydrocarbures, intervenue dans des conditions confuses et sans formalisation claire, révèle de graves insuffisances dans la conduite des affaires publiques et dans la gestion du dialogue social », a-t-il déclaré.
Il a par ailleurs souligné que cette crise dépasse largement la seule question des hydrocarbures. Selon lui, elle met en évidence une incapacité structurelle de l’équipe gouvernementale à conduire des négociations sociales apaisées et efficaces dans plusieurs secteurs stratégiques du pays, notamment l’éducation, la santé, les entreprises publiques et l’administration. Le parti regrette également l’absence remarquée de l’Assemblée nationale durant cette crise majeure. Il rappelle que le Parlement a pour mission de contrôler l’action du gouvernement, d’assurer la médiation républicaine et de porter les préoccupations de la population dans les moments de tension nationale.
« Notre pays a besoin d’institutions fortes, d’une gouvernance responsable et d’une vision économique crédible. La suspension des mesures ne règle pas les problèmes de fond. Les Comoriens attendent des solutions durables et une gouvernance capable d’anticiper les crises plutôt que de les subir », a-t-il conclu.
Nassuf Ben Amad
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