Après un Master 2 en droit bancaire et opérations patrimoniales décroché depuis bientôt 10 ans, un Master 1 en droit des affaires et une licence en droit privé, puis plusieurs années comme salariée dans le secteur bancaire, Moin-jaha Youssouf exerce aujourd’hui en tant que juriste indépendante. Sur les réseaux sociaux, elle décrypte avec HLG Légal Services le droit des contrats, des titres de séjour ou des litiges aériens en vidéo de 2 minutes. Son but : donner aux particuliers, notamment d’origine comorienne, les clés pour ne plus craindre l’administration. Portrait d’une passeuse de savoir qui fait du droit un outil d’émancipation.
Titulaire d’un Master 2 en droit bancaire et opérations patrimoniales, Moin-jaha Youssouf a longtemps sécurisé sa carrière dans la finance. Mais le salariat ne lui ressemblait pas. « Au fond de moi, je savais que je n’étais pas du tout faite pour le salariat. J’aspirais à être mon propre chef et à ne recevoir d’ordres que de moi-même », confie-t-elle. Aujourd'hui, c'est une juriste qui désacralise la loi sur les réseaux sociaux. Le déclic vidéo vient de sa propre aisance face au public. « Le lancement de ce concept de vidéos est né du fait que je suis assez à l’aise en public, que je n’ai pas trop peur du ridicule et que j’aime communiquer. Je me suis dit que c’était le meilleur moyen de faire ma publicité », explique-t-elle. Montrer son visage, malgré les mises en garde, devient un filtre : « C’est, au contraire, un bon moyen d’avoir une bonne clientèle, après faut voir, ça passe ou ça casse. »
Si son audience compte de nombreux Comoriens, elle insiste : « Je ne m’adresse pas forcément à la communauté comorienne uniquement. J’ai des clients de toute origine. » Parler la langue et ressembler à ses abonnés rassure, mais le besoin d’accès au droit dépasse les frontières. Droit des transports, plaintes, contrats etc. Comment tenir en 60 secondes ? La juriste applique ce qu’elle a appris à la fac : la synthèse. « Je vais à l’essentiel dans les vidéos. Cette capacité de synthèse, je l’ai travaillée à la fac. On va à l’essentiel et, en général, les gens veulent connaître plus de détails. C’est comme ça que les clients viennent à moi », résume Moin-jaha. Son but étant de désamorcer la peur. Elle-même a bataillé deux ans contre Kenya Airways pour un vol annulé à Nairobi. « J’ai reçu plusieurs informations de différents professionnels du droit qui m’affirmaient que je n’allais pas gagner contre une telle compagnie. Finalement, têtue comme je suis, j’ai poursuivi ma procédure et j’ai eu gain de cause en 2020. »
Cette victoire forge sa conviction : « Avoir les bonnes informations, sans forcément passer par un conseil, est parfois la seule chose dont les contribuables ont besoin. » Ses vidéos sur les titres de séjour cumulent beaucoup de vues. Selon elle, l’erreur la plus destructrice est le déni de la règle. « Souvent, les personnes ne veulent pas écouter la préfecture, ne veulent pas suivre les instructions. On leur demande une attestation A2 pour leur carte de résident, et certains déposent leur demande sans passer l’examen », observe-t-elle. Résultat : des dossiers rejetés alors que « les conditions sont clairement indiquées ». Derrière l’écran, HLG Légal Services propose veille juridique, modèles de contrats non personnalisés et accompagnement aux démarches : titre de séjour, nationalité, création d’entreprise.
La limite est nette. « Je ne délivre pas de consultation juridique personnalisée et je n’oriente pas le client vers une décision plutôt qu’une autre. Je lui donne les éléments juridiques nécessaires pour qu’il puisse prendre une décision éclairée, en toute autonomie », rappelle Moin-jaha. Informer sans conseiller : un équilibre qu’elle tient au quotidien, même face aux demandes pressantes. Son prochain projet ? Un site internet et des formations en entreprise pour « rendre le droit plus concret, plus accessible ». Car pour elle, la justice commence par la compréhension.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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