La traque des réseaux de passeurs se poursuit à Mohéli. Douze migrants, dont des femmes et des enfants, ont été retrouvés dans la nuit de samedi à dimanche 20 septembre, dans une zone escarpée de Hamavouna, où ils auraient passé plusieurs jours dans des conditions particulièrement difficiles.
L’histoire des arrivées clandestines de migrants à Mohéli connaît un nouvel épisode. Selon les informations recueillies, douze personnes ont été localisées dans une zone difficile d’accès à Hamavouna, après y avoir passé plus d’une semaine, sans nourriture ni eau en quantité suffisante. Leur état aurait suscité une vive inquiétude parmi les personnes mobilisées pour leur prise en charge. L’opération, qui s’est déroulée durant une grande partie de la nuit, aurait été dirigée personnellement par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Fomboni, Elamine Mohamed Soueuf. Les forces engagées dans l’opération auraient également procédé à l’interpellation, à Nkagani, d’une personne soupçonnée d’être impliquée dans le trafic. Selon une source proche de l’intervention, le suspect aurait tenté de s’échapper alors qu’il se trouvait dans le véhicule de la gendarmerie, sans parvenir à ses fins.
Les douze migrants ont finalement été transférés à la brigade de police de Nioumachoi, où leur situation devait être examinée. Cette nouvelle interception intervient quelques jours après la découverte, le 9 septembre, de 31 migrants entre Miringoni et Ouallah, avant leur prise en charge. Dans un autre épisode, 151 autres migrants auraient été retrouvés à bord d’une embarcation, puis escortés avec les premiers, portant le nombre évoqué à 182 personnes, dont la destination finale demeure inconnue selon les informations disponibles. Au-delà de l’aspect sécuritaire, la succession de ces arrivées clandestines soulève également des préoccupations sanitaires. Après plusieurs jours passés dans des conditions précaires, les personnes interceptées peuvent être exposées à la déshydratation, à la malnutrition, aux infections, aux traumatismes ainsi qu’aux risques liés à la promiscuité et au manque d’hygiène.
La question sanitaire mérite d’autant plus d’attention que certains de ces migrants seraient originaires de la région des Grands Lacs, où certaines maladies transmissibles circulent. Leur prise en charge nécessite ainsi une vigilance sanitaire et, si nécessaire, un dépistage médical afin de prévenir tout risque de propagation de maladies contagieuses. Face à la multiplication de ces opérations, le parquet de Fomboni semble vouloir renforcer la lutte contre les réseaux qui organisent ces traversées. Les interpellations et les enquêtes engagées visent notamment à remonter des migrants interceptés vers les personnes soupçonnées d’organiser ou de faciliter leur transport. À Mohéli, la question n’est donc plus seulement celle de l’interception des migrants, mais aussi celle du démantèlement des réseaux de passeurs et de leurs éventuelles ramifications sur l’île.
Riwad
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