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Mohamed Hadji : « Les nouveaux groupes ne résoudront pas la crise énergétique »

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Mohamed Hadji : « Les nouveaux groupes ne résoudront pas la crise énergétique » © : HZK-LGDC

L’ancien directeur de l’Energie, Hadji Mohamed, a regretté la mauvaise gestion de la crise énergétique, dans un entretien accordé à La Gazette des Comores, samedi. Selon lui, les interlocuteurs souvent mis en place « méconnaissent la complexité de la gestion d'un établissement aussi technique ».


« Ils ont souvent tendance à  recourir à l'achat de groupes dont le triste sort est l'abandon faute de suivi des obligations de maintenance (…) un groupe électrogène normalement entretenu redevient neuf à l'issue de son entretien de 12.000 heures et ça coûte 5 fois moins cher que d'acheter un neuf », a poursuivi Hadji Mohamed. Celui qui a été Directeur Général de l'Energie pendant près d'une décennie a rappelé que les départements de la production, du transport, de la distribution et de la gestion commerciale sont tous frappés de disfonctionnement.

« La Ma-mwe connait en permanence un défaut de maintenance. Les pièces de rechange nécessaires ne sont pas fournies en temps et en heure. Et les groupes tournent jusqu'à rendre leur âme, le transport et la distribution sont dépourvus du matériel nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de leur mission et la fonction de la gestion administrative et financière est sujette à toutes les interférences possibles et imaginables », a détaillé Mr Hadji.

Selon lui : « ni les groupes électrogènes supplémentaires, ni les nouvelles centrales ne sont à même de résoudre notre problème. Il y a lieu de privilégier les connaissances sectorielles et l'expérience pour prétendre à un début de solution ». Il a indexé notamment l’absence d’assistance technique et le « dérapage consistant à nommer des dirigeants de l'établissement suivant l'unique considération politique », ou encore « l'interférence des affaires politique directement dans la gestion de la mission de la boîte ».

Il a également laissé entendre que la plupart du temps les services techniques de la Mamwe ne sont pas associés dans le choix des solutions qu'on essaye d'apporter. D’où, dit-il : « la fourniture, indépendamment de la volonté du personnel technique de la Mamwe, des groupes ou des centrales complètes dont le label ne correspond pas à l'outil de production».

« L’entreprise n'arrive pas à se procurer les pièces détachées pour les entretenir. L'arrivée de nouveaux groupes souvent de marques différentes complique encore les difficultés d'entretien », a-t-il ajouté, tout en condamnant au passage « la tolérance de la consommation gratuite et des fraudes du réseau ».

« C’est une cacophonie. Il faut des personnes qui ont une connaissance du métier et de l'expérience professionnelle. Malheureusement dans notre pays, c'est comme si on s'arrange à mettre la personne qu'il ne faut pas à l'endroit qu'il ne faut pas. Pour résoudre un problème, il n'y a pas mieux que de voir la personne la mieux indiquée, donc le spécialiste du domaine dont on estime qu'il sera à même de trouver la solution la plus appropriée », a conclu Hadji Mohamed.

 

Al-hamdi A. Hamdi


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