Devant ses partenaires, les dirigeants des institutions financières et des banques, le projet RCIP4 a présenté son bilan sur l’étude du marché et de la règlementation aux Comores. D’après les enquêtes réalisées, l’arrivée de la « monnaie mobile » au pays s’annonce bien malgré quelques complications avec les textes. Le règlement n°01/2017/BCC/DSBR relatif à l’exercice des activités de monnaie électronique édité par la Banque centrale des Comores et adopté en mai 2017 est actuellement l’unique cadre juridique en vigueur qui régit le secteur de l’argent mobile aux Comores. C'est ce qui ressort des enquêtes réalisées autour du mobile banking.
Le projet Rcip4 dans son étude du marché a dit avoir quelques inquiétudes quant au souci de l’interconnexion entre l’opérateur historique, Comores Télécom et Telma. Cette situation représente une contrainte majeure pour le bon lancement du marché de l’argent mobile mais ne devrait pas stagner au risque d’altérer la facilité des transactions et d’augmenter les coûts. Les enquêtes effectuées tout au long de ce travail sur terrain ont fait ressortir plusieurs nuances et confusions quant au vocable relatif à la « monnaie mobile ».
Dans ce contexte, l’expert et consultant dudit projet, Mounir Bouchaa a insisté sur le cas MCTV (Maison Comorienne des Transferts et Valeurs) qui vient de lancer officiellement l’application de mobile money Wari. « Aux Comores, je préfère qu’on parle de Mobile Money que de parler de Mobile Banking », a-t-il rappelé. Il est à noter que la SNPSF (Société Nationale des Postes et Services Financiers), Telma et Comores Télécom en sont au même point pour ce qui est du lancement de la monnaie mobile.
Dans un autre contexte, un conflit de compétences entre l’ANRTIC (Autorité Nationale de Régulation des TIC) et la BCC. Pour cet expert « ce dernier ne facilite pas le travail ». Lors de cette rencontre, les représentants des deux institutions ont tour à tour refoulé cette idée. Pour eux, « ce conflit n’a jamais eu lieu ». La Gazette des Comores/Hzk presse s’est procurée un exemplaire du rapport où sont définies les compétences de chacun. « La BCC définit et met en œuvre la politique monétaire. Elle est le garant de la stabilité de la monnaie et du système financier, assurant le bon fonctionnement du système bancaire », peut on lire sur le communiqué.
Pour ce qui est de l’ANRTIC, elle est en principe indépendante de l'exploitation des réseaux, de la fourniture des services de communications électroniques et, d'une manière générale, de toutes les entreprises intervenant dans le secteur des communications électroniques. Elle a pour rôle, entre autres, de « veiller au respect par les opérateurs de leurs obligations résultant des accords internationaux, de la législation et de la réglementation nationales applicables aux communications électroniques, ainsi que de licences et autorisations dont ils bénéficient et aux modalités d'encadrement tarifaire applicables aux services des communications électroniques ».
Bien que certaines missions de l'ANRTIC lui permettent d’intervenir dans l’encadrement, pour ne pas dire « dans la régulation », du secteur de l’argent mobile, étant donné que cette activité est par définition « un ensemble de services financiers via la téléphonie mobile », le régulateur des TIC a décidé a priori de limiter ses interventions. En s’inspirant des expériences vécues dans les pays benchmarks, les opérateurs potentiels du marché de l’argent mobile aux Comores devraient prendre en compte plusieurs données démographiques et socio économiques du pays afin qu’ils puissent mieux adapter leurs stratégies commerciales et plans marketing à la demande potentielle de leurs éventuels clients.
Pour rappel, le Benchmarking est le travail de comparaison entre une expérience locale (comorienne) et d’autres expériences adaptées dans d’autres pays qui permettent de tirer la meilleure pratique. Dans ce même rapport, on lit qu’ « en effet, les Comores comptent 6 28,3% de population urbaine (par rapport à une moyenne de 39,9% sur le continent africain) mais avec une densité assez élevée de 404,1 par km2 Contre une moyenne africaine ne dépassant pas 37,8% ».
À en croire le consultant, Mounir Bouchaa, la couverture de la population parait relativement faisable et peu coûteuse en comparaison des autres pays étudiés. Toutefois, la population compte 46,1% vivant en dessous de 1,25$ par jour. Un indicateur de pauvreté assez élevé pourtant en deçà de la moyenne continentale, 39,6% et qui devrait être, à son tour, pris en compte dans les offres commerciales à proposer par les opérateurs potentiels du marché de l’argent mobile.
A.O Yazid
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