À la tribune des Nations Unies, la voix des Comores s’est une nouvelle fois fait entendre sur les grandes questions internationales. À l’occasion du deuxième Forum d’examen des migrations internationales, organisé du 5 au 8 mai 2026 au siège de l’ONU à New York, l’Union des Comores a réaffirmé son engagement en faveur d’une migration sûre, ordonnée et respectueuse de la dignité humaine.
Portant le message du président Azali, le ministre de l’intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a défendu la vision comorienne d’une gouvernance migratoire fondée sur la coopération internationale, la solidarité et le respect des droits fondamentaux des migrants. Dans son allocution, il a rappelé l’importance de ce forum mondial consacré au suivi du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. « L’Union des Comores réaffirme son attachement aux principes et objectifs du Pacte mondial, ainsi qu’à une approche des migrations fondée sur la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux des migrants », a-t-il déclaré. Pour les Comores, la migration demeure une réalité profondément liée à l’histoire, à l’économie et à la vie sociale du pays. « Pour un petit État insulaire en développement comme le nôtre, la migration représente à la fois une réalité historique, un enjeu humain majeur et un levier important de développement », a-t-il souligné.
Il a notamment mis en avant le rôle essentiel de la diaspora comorienne, dont la contribution demeure déterminante pour l’économie nationale et le soutien aux familles. Le ministre a présenté les efforts entrepris par le gouvernement depuis 2018 pour renforcer la gouvernance des migrations. Parmi les avancées, figurent la mise en place d’une commission multisectorielle de coordination, l’adoption de plusieurs dispositifs institutionnels ainsi que la finalisation d’une politique nationale de migration sensible au genre. Mais derrière ces progrès subsistent de profondes inquiétudes. Mohamed Ahmed a alerté sur la multiplication des migrations irrégulières et des tragédies humaines qui continuent de coûter des vies dans l’océan Indien. « Nous restons profondément préoccupés par la multiplication des voies migratoires irrégulières et dangereuses, ainsi que par les pertes tragiques de vies humaines en mer », a-t-il déclaré.
Il a attiré l’attention de la communauté internationale sur les conséquences du changement climatique, qui fragilise davantage les populations insulaires et accentue les déplacements. « Les Comores subissent de plein fouet les effets néfastes des changements climatiques, lesquels aggravent les facteurs de déplacement », a-t-il précisé. En marge de ce forum, il a multiplié les rencontres avec plusieurs hauts responsables des agences des Nations Unies afin de consolider les partenariats entre les Comores et le système onusien. Il s’est d’abord entretenu avec le directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les discussions ont porté sur la situation migratoire en Union des Comores ainsi que sur les réformes engagées par les autorités pour améliorer la gestion des migrations, à travers le renforcement du cadre juridique et des mécanismes de coordination.
Il a ensuite rencontré Mme Ahunna Eziakonwa, directrice régionale Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Au cours de cet échange, il a salué l’appui constant du PNUD et du système des Nations Unies aux Comores, notamment dans les domaines de la sécurité civile, de l’éducation citoyenne et du renforcement institutionnel. Il a sollicité l’accompagnement du PNUD dans le processus de consolidation de la gouvernance locale, à travers la mise en œuvre des recommandations issues du Congrès des maires.
Une séance de travail s’est tenue avec l’unité compétente du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies. Cette rencontre a permis d’évoquer les recommandations formulées lors du séminaire d’évaluation du processus électoral de 2024 et 2025. Les échanges ont porté sur le renforcement des capacités du Secrétariat exécutif national (SEN) et du Centre national de traitement des données électorales (CNTDE), en vue des préparatifs des élections de 2029. Dans un appel à une mobilisation collective face aux défis migratoires, Mohamed Ahmed a rappelé qu’aucun pays ne peut agir seul. « Aucun État ne peut relever seul les défis migratoires contemporains. La migration est une réalité mondiale qui appelle une réponse collective », a-t-il insisté.
Mohamed Ali Nasra
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