La Meck-Moroni affiche une parfaite santé économique avec des indicateurs financiers qui sont au vert. C'est ce qu'a déclaré dans une conférence de presse Laila Said Hassane, directrice exécutive de cette institution de microcrédit à quelques heures de la tenue de sa 18ème assemblée générale ordinaire.
Les responsables de la mutuelle d'épargne et de crédit ya Komor (Meck-Moroni) annoncent une progression des activités malgré une conjoncture économique défavorable pour l’année 2015, qui serait marquée par un ralentissement de l'activité économique en général, ponctuée par la crise de l’énergie et le retour des arriérés de salaires.
Malgré cette conjecture, les indicateurs financiers seraient au vert pour 2015, une année record en termes d'épargne avec une progression de l'ordre de +16% et + 22%, par rapport au niveau de l'épargne et du crédit, à en croire Laila Said Hassane, la directrice exécutive. La mutuelle a collecté durant cette année là une épargne de 9,3 milliards fc, et un encours de crédit de 8,9 milliards fc.
D'après elle, le résultat net se stabilise à un niveau honorable de 364.388.569 millions fc. « C'est un résultat en progression au niveau des indicateurs financiers », a-t-elle indiqué. Au delà d'une année qui serait marquée par une santé économique parfaite, l’exécutif note avec satisfaction le développement sur le plan social, à travers des activités visant à assumer la responsabilité sociale de l'institution.
Laila Said Hassane souligne le lancement du programme Twama Ya Mawudu, une action consistant à octroyer des bourses d’études « aux enfants méritants, mais dont les ressources financières des familles sont limitées », a-t-elle dit. Elle rappelle aussi les actions menées dans l’humanitaire et dans le sport.
La patronne de l'institution du microcrédit la plus performante de la place reconnaît par ailleurs un demi-échec sur le volet de la lutte contre la pauvreté. « Il faut reconnaître aujourd'hui et j'assume que la période où j'ai assuré la responsabilité nous n'avons pas pu mettre d'une manière efficace, méthodique la manière d’accompagner les gens dans l'entrepreneuriat. En général les activités génératrices de revenus», a-t-elle reconnu.
Pour elle, la lutte contre la précarité passe par deux moyens l'accès au crédit et l'accompagnement pour pouvoir créer des activités génératrices de revenu. « Sur l'accès au crédit incontestablement c'est un succès, dit-elle, aucun jour ne se passe sans qu'on signe des crédits de 20.000 fc, 30.000 fc 40.000 fc jusqu'à 30 millions. En 2015 les dossiers de plus 15 millions étaient de 46 sur 8000 dossiers traités ».
Elle reconnaît par ailleurs l'échec sur le volet accompagnement. « Et ce n'est pas par manque de volonté mais parce que nous n'avions pas la technique », a-t-elle précisé, ajoutant que ce n'est pas seulement son institution qui a butté sur ce plan, mais bien d'autres organismes de microcrédit de la place. « Ici aux Comores il faut reconnaître que nous avons des difficultés à mettre en place des structures d'accompagnement des entrepreneurs. Raison pour laquelle nous avons sollicité l'expertise la banque islamique et Silatech. C'est un problème technique et il faut avouer que nous ne le maîtrisons pas », a-t-elle conclu.
Maoulida Mbaé
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