La Gazette

des Comores

Meurtre de Naïchat: Le Grand Mufti demande la peine capitale

Meurtre de Naïchat: Le Grand Mufti demande la peine capitale © : HZK-LGDC

Dans un message retransmis par la radio-télévision nationale ORTC, le Grand Mufti de la République, Saïd Aboubacar Djamaloulayli, a réagi avec fermeté après la mort tragique de la jeune Naïchat, tuée pour 135 000 francs. Apres avoir constaté que « la paix est perdue », l’autorité religieuse appelle à une application stricte de la Charia et interpelle directement la justice ainsi que les dirigeants du pays.


Face à cette tragédie, le Grand Mufti de la République, Saïd Aboubacar Djamaloulayli, est sorti de son silence à travers un message solennel adressé à la Nation et diffusé sur les antennes de l’ORTC. Dans son intervention, l’autorité religieuse condamne avec fermeté cet acte qu’il qualifie de barbare. Il affirme que « la paix est perdue dans l’ensemble du territoire national » et rappelle qu’« aucun développement n’est possible sans la paix ». Le Mufti insiste sur la nécessité de restaurer un climat de sécurité dans le pays. « Chacun veut dormir chez lui en paix », affirme-t-il, tout en rappelant qu’il ne cesse d’alerter sur l’importance de préserver la stabilité sociale. Selon lui, des actes aussi violents finissent par décourager les gestes de solidarité entre citoyens. « Si quelqu’un aide une personne et que celle-ci finit par commettre n’importe quoi, cela empêchera les gens de continuer à faire le bien », déplore-t-il, évoquant une situation devenue dangereuse pour la cohésion sociale.

Pour le Grand Mufti, ce qui s’est passé à Foumbouni concerne toute la nation. Il appelle ainsi à une réponse forte des autorités judiciaires et réclame l’application stricte de la Charia. « Celui qui tue doit être tué », soutient-il, en réclamant ouvertement la peine de mort contre les auteurs d’actes criminels de cette nature. Dans son intervention, il prend également l’exemple de certaines périodes de l’histoire politique des Comores. Il cite notamment l’époque d’Ali Soilih, affirmant que durant ce régime, lorsqu’un acte barbare était commis, les sanctions étaient immédiates et sévères, ce qui aurait contribué à limiter la criminalité. Il évoque aussi l’ère du feu Mohamed Taki Abdoulkarim, qu’il présente comme une période durant laquelle les actes de violence étaient fortement réprimés.

Le Grand Mufti interpelle directement la justice comorienne afin qu’elle prenne des mesures exemplaires pour mettre fin à la recrudescence des crimes. Selon lui, les auteurs de tels actes ne devraient pas simplement être incarcérés. Il critique également certaines réalités observées dans les prisons, affirmant que certains détenus continuent à mener des activités commerciales derrière les barreaux. « La justice doit impérativement appliquer la Charia », insiste-t-il, avant de lancer un appel aux dirigeants du pays pour que cette affaire serve de remède et d’exemple afin de stopper définitivement les actes de barbarie qui secouent de plus en plus la société comorienne.

Ibnou M. Abdou

 


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