Le Conseil national de la presse et de l'audiovisuel, dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, demande au ministère de l'intérieur de revenir sur sa décision de confiscation des équipements de la station la Baraka Fm. Des mesures que l'organe de régulation juge contraires à la loi.
Le Conseil national de la presse et de l'audiovisuel décide enfin de sortir de son silence, plus de deux semaines après la fermeture par le ministère de l'information de la station la Baraka Fm. Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, l'instance de régulation des médias n'a pas fait mystère de son opposition à une décision ministérielle lourde de conséquence du point de vue de l'image du pays.
« Depuis deux semaines la station de radiodiffusion « La Baraka FM » n’émet plus. Elle est réduite au silence par une mesure administrative ordonnant la confiscation des équipements de diffusion de la station privée. Cette mesure est intervenue à la suite d’un procès à l'encontre du directeur et principal animateur de ladite station, Abdallah Agwoi », constate le communiqué.
Rappelant que la justice l'a reconnu coupable et l'a condamné mais qu'en aucun cas le tribunal n’a adjoint à son arrêt aucune mesure confiscatoire du matériel de la radio privée et n'a prononcé aucune interdiction d’émettre contre Baraka FM.
« Une telle décision est donc contraire à la loi régissant la presse et les médias du pays. Elle empiète sur les compétences du CNPA, seule instance compétente », a précisé le document qui a rappelé les prérogatives de l'organe de régulation qui cherche à se démarquer malgré les faibles moyens que les pouvoirs publics lui accordent pour son fonctionnement.
Par conséquent, le Cnpa « demande au ministère de l’Intérieur de revenir sur sa décision de confiscation des équipements de la radio « Baraka FM », et de saisir le régulateur des médias qui est l’instance habilitée à se prononcer en cas de litige concernant les médias ». Et d'exhorter « l’ensemble de la presse et des médias publics et privés à se conformer aux lois et textes régissant la profession, à s’informer sur la régulation et à consulter l’instance de régulation afin de renforcer les conditions nécessaires au respect de la liberté d’expression et du droit à une information honnête, plurielle et accessible à l’ensemble des citoyens du pays ».
L'association Sawuti regroupant les médias audiovisuels avait lancé le même appel à l'endroit du ministère de l'information lors d'une conférence de presse. Arguant que la fermeture suivie de la confiscation par la gendarmerie nationale du matériel technique de cette radio est contraire aux textes réglementant et encadrant le paysage médiatique des Comores.
Maoulida Mbaé
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