« C’est une mascarade. Entre un ancien bâtonnier sortant, dont la décision prolongeant le mandat manque de base légal et un nouveau nommé par acclamation sans acclamation alors que la loi n’a pas prévu l’élection par acclamation, c’est du remplissage pour ne pas utiliser ce mot en comorien. C'est un non évènement, un coup de bluff, c'est de la gesticulation stérile et inutile qui n'honore pas notre corps professionnel », telle est la lecture faite par Me Fahmi Said Ibrahim, avocat au barreau de Moroni après la passation technique entre Me Mzimba et Me Mohamed Abdouloihabi.
La passation technique du bâtonnier sortant Me Ibrahim Mzimba et son successeur Me Mohamed Abdouloihabi acclamé par le bureau sortant a eu lieu le lundi 7 décembre dernier. Le bâtonnier sortant a passé le témoin à celui qui s’est fait élire par acclamation. Ce qui n'est pas normal ni valable juridiquement selon Me Fahmi Said Ibrahim. Pour lui, c’est un non événement. « C’est un non événement, un coup de bluff. C’est de la gesticulation stérile et inutile qui n’honore pas notre corps professionnel. Comment un bâtonnier peut prétendre se faire élire par acclamation. Quelle loi prévoit l’élection par acclamation sans même qu’il y ait eu lieu d’acclamation », se demande-t-il.
Selon cet ancien ministre de la justice, l’ère des Nazi et des Bolcheviques est révolue. « Ils étaient les maîtres du vote par acclamation. Dans une démocratie, le vote est comptabilisé dans son ensemble, y compris les votes nuls. L’ancien gouverneur n’est pas élu, il a été nommé par le bâtonnier sortant. C’est une insulte à notre profession et aux avocats, lance-t-il avant de s’interroger : « Quel exemple allons nous laisser aux jeunes confrères, celui d’être des avocats incapables de respecter les textes qui régissent leur profession ? ».
D'après lui, le silence ferme de la Cour d'Appel valide plutôt le vote du bâtonnier Tadjidine Mohamed car ce dernier est un avocat inscrit depuis 11 ans au barreau. « Me Tadjidine n’est pas un théoricien du droit, c’est un praticien qui se lève tous les matins du monde sauf dimanche pour se rendre au palais de justice, dit-il. Il est assidu à la profession, fréquente de manière régulière le palais et les salles d’audience ». Il ajoute : « Pour être un bâtonnier, il faut vivre le métier et cohabiter en permanence avec les confrères, c’est le cas de Me Tadjidine. Prêter serment et porter la robe ne suffit pas, il faut vivre le métier, respirer le métier se confronter aux durs réalités du métier. C’est s’assoir tous les jours avec ses confrères sur les bancs des avocats, défendre les prévenus, et défendre les victimes ».
Cet avocat a montré par la suite qu'un candidat bâtonnier doit fréquenter ses confrères au palais de justice et non fréquenter seulement des confrères autour d’un thé dans un salon. « Être avocat c’est aussi cela, et pour vouloir être bâtonnier il faut d’abord connaître ceux que l’on veut représenter. Me Tadjidine remplit ces exigences. Donc, le problème ne se pose pas. Le bâtonnier élu s’appelle Tadjidine Mohamed. Je dis bien, bâtonnier élu par la majorité des avocats. Il existe 50 avocats votants, 26 ont élu Tadjidine et une abstention. Si le vote devait avoir lieu aujourd’hui, Tadjidine serait élu par au moins par 30 avocats sur 50 », conclut-il.
Nassuf Ben Amad
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