Du 26 au 30 octobre, le PNUD a réuni à Moroni des responsables des marchés et des achats issus des projets à mise en œuvre nationale (NIM). L'objectif était de renforcer les capacités en matière d’achats et d’approvisionnements à travers le référentiel international CIPS Niveau 2. Après cinq jours de formation à Moroni, une trentaine de cadres nationaux ont reçu, vendredi 30 octobre, leurs attestations pour le certificat d’introduction aux procédures de passation des marchés publics, niveau 2, accrédité par le Chartered Institute of Procurement and Supply (CIPS). La session était animée par Rodney Gallwey, formateur au bureau du PNUD à Copenhague, qui salue avant tout l’engagement des participants. « J’ai trouvé que la formation était très bien alignée. Elle nous a permis de faire le lien entre les réalités nationales et notre travail au sein du PNUD. L’engagement des participants était excellent. Nous avons eu de nombreuses interactions et travaillé sur des exemples concrets et pragmatiques, ce qui a créé une véritable émulation entre les acteurs locaux et l’organisation elle-même», explique-t-il.
Pour le formateur, le niveau des cadres comoriens est déjà proche des standards internationaux. Interrogé sur les difficultés concrètes soulevées pendant la formation, Rodney Gallwey évoque notamment des améliorations à apporter aux outils et aux pratiques existants. « Il y a plusieurs problèmes concrets, notamment les conditions générales d’achat qu’il faudrait peut-être enrichir, certains contrats qui devraient être intégrés, ainsi que le suivi des performances, qui devrait être effectué de manière plus rigoureuse. Mais, dans l’ensemble, ils sont assez proches de ce qui se fait à l’international », estime-t-il. Pour Rodney Gallwey, le niveau 2 du CIPS apporte avant tout des outils directement applicables dans le travail quotidien. « Ce sont des outils pratiques, des standards internationaux et des matrices qui leur permettront d’effectuer des analyses plus poussées de leur portefeuille d’achats. Cela leur permettra de gagner en professionnalisme au quotidien », explique-t-il.
La formation ne constitue toutefois qu'une première étape. Le CIPS prévoit un parcours progressif de certification, avec les niveaux 3, 4, 5 et 6. « Nous avons tout un parcours CIPS, qui leur permettra de gravir progressivement les échelons dans le domaine des achats, mais aussi du management et de la gestion de portefeuilles plus importants », précise le formateur. Au terme des cinq jours, Rodney Gallwey dresse un bilan positif de cette première expérience à Moroni. « C’est un bilan très positif parce qu’en cinq jours, nous avons couvert l’essentiel pour leur permettre d’aller de l’avant et d’être plus professionnels dans leurs fonctions. Tout le monde a participé activement. Je pense que cette initiative mérite d’être renouvelée. Nous avons vraiment envie de revenir à Moroni et de poursuivre ce travail de manière régulière dans les prochaines années », confie-t-il.
Du côté des bénéficiaires, la satisfaction est également au rendez-vous. Elmamoun Bakari, responsable des marchés du projet Chaîne de valeur agricole, retient notamment les enseignements liés à la gestion des conflits entre fournisseurs et acheteurs. « Ce qui a été important pour moi, ce sont les méthodes de gestion des conflits entre les fournisseurs et les demandeurs. C’est un domaine sur lequel je n’avais pas bénéficié de formation auparavant », souligne-t-il. Selon lui, les enseignements reçus viennent compléter les connaissances acquises à travers le manuel de procédures déjà en vigueur. « Cette formation a apporté des éléments complémentaires que nous n’avions pas bien compris auparavant », ajoute-t-il.
Désormais mieux outillés pour préparer les dossiers d’appels d’offres, les procédures restreintes ou encore les achats directs, les cadres formés souhaitent voir cette initiative se poursuivre. « Je souhaite que les initiateurs ne se limitent pas au niveau 2, mais encouragent les autres à poursuivre leur formation jusqu’au dernier niveau », plaide Elmamoun Bakari. La cérémonie de remise des attestations s’est déroulée en présence de Luca Monge Roffarello, représentant du PNUD aux Comores, et du commissaire Mze Aboubou. Les deux responsables ont félicité les 30 cadres certifiés et les ont encouragés à mettre en pratique les connaissances acquises au sein de leurs institutions.
El-Aniou Fatima
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