Une marche pacifique pour dénoncer la violence faite aux femmes et aux enfants a eu lieu hier mercredi à Moroni. Les différentes associations ont appelé la justice à prendre ses responsabilités et traduire en justice les violeurs et agresseurs.
Différentes associations de la société civile, des représentants de l’UNFPA, le commissariat au genre et certaines femmes politiques du pays ont défilé hier mercredi pour dire non aux violences faites aux femmes et aux enfants. « Halte à la violence à l’égard des femmes et des enfants », lit-on sur une banderole brandie par des femmes. Au premier plan de la marche, des jeunes écoliers du Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid, venus manifester contre ce fléau.
« C’est un combat pour tout le monde. C’est pourquoi, on a décidé de venir soutenir cette action et contribuer à la lutte contre la violence sur les enfants et les femmes », déclare Basnyat-Nour, une élève du GSFA. La présidente de l’ONG Hifadhu a été satisfaite par la forte participation des femmes dans cette marche. Elle a fait un état des lieux de la violence dans le pays au cours de ces trois dernières années.
« 4 femmes sont déjà mortes au cours des trois derniers mois. Soit battues ou violentées et c’est vraiment inacceptable », lance Rahamatoullah Goulam, la présidente de l’ONG Hifadhu. Cette dernière appelle la justice à prendre ses responsabilités, mais les femmes aussi doivent se mobiliser. « C’est inacceptable que la femme cherche à protéger son mari après avoir violé sa fille. On ne peut pas vivre dans cette situation. Tant qu’on ne dénonce pas ces pratiques, on n’évoluera jamais », poursuit-elle.
Lors d’une enquête démographique de la santé, il a été montré que la violence faite aux femmes et aux enfants tourne autour de 14-15%. Un pourcentage élevé selon l’assistant du représentant de l’UNFPA aux Comores. « Ici aux Comores la violence est là, même à un degré moindre par rapport à d’autres pays, mais ce n’est pas acceptable car il y a un niveau de pourcentage élevé. On devra arriver à un pourcentage Zéro », lance Mamadou Boina Maecha, assistant représentant de l’UNFPA.
Ce dernier a salué cette initiative pour dénoncer la violence à l’égard des femmes et des enfants. « Tout ce qu’on fait aujourd’hui est pour montrer que la violence n’est pas bonne pour la population. Une femme est la première conjointe d’un homme, alors elle ne doit pas être battue pour des raisons qui ne tiennent pas », ajoute-il, avant de souligner que « cette marche est là pour montrer aux violeurs qu’il faut que ca cesse car on en a marre ».
La député Oumouri Hadjira qui a participé aussi à la marche pacifique a appelé les femmes à soutenir sa proposition de loi sur la parité qu’elle va introduire à l’Assemblée de l’Union. « C’est inacceptable que dans le gouvernement actuel, il n’y ait aucune femmes. Il est temps qu’on soit devant », martèle-t-elle. De son côté la présidente d’Adrikini a mis en garde les parents d’enfants contre les « tontons ». « Ce sont les personnes les plus proches qui commettent souvent les actes de violence. On doit s’en méfier », dit-elle.
Mohamed Youssouf
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