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Manifestation au Lycée de Moroni / Un élève blessé par balle

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Manifestation au Lycée de Moroni / Un élève blessé par balle © : HZK-LGDC

Les enseignants avaient décidé de rencontrer le vice-président en charge de l’énergie pour montrer leur mécontentement suite à l’interpellation de leur proviseur. Accompagné des élèves, un affrontement a eu lieu entre ces derniers et les forces de l’ordre. Bilan, 7 blessés dont un par balle. Et les enseignants vont porter plainte contre les gendarmes suite à cette bavure.


Tout a commencé avec des jets de pierres lancées par les élèves aux forces de l’ordre. Ces derniers, face à une foule nombreuse et excitée, a décidé de disperser les manifestants au gaz lacrymogène. Ce qui a déclenché les affrontements. Les éléments du Peloton d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (PIGN) ont commencé à tirer en l’air pour repousser les élèves. Du côté nord comme du côté sud, la voie menant au lycée de Moroni était inaccessible. Le PIGN était obligé d’appeler un renfort, d’où la venue de l’Escadron de Moroni. Arrivées sur les lieux, les forces de l’ordre ont pénétré directement dans l’enceinte du Lycée et ont commencé à tirer. Et c’est là qu’un élève a été blessé par balle dans sa salle de classe.

« Nous étions dans une salle. Et tout d’un coup, nous avons vu les gendarmes entrer dans notre classe. Un autre lançait du gaz lacrymogène et un autre tirait. Et c’est là que notre camarade a été atteint par la balle », témoigne un élève qui était à côté du blessé. C’était la première fois que je me trouvais face à une personne blessée par balle. Le sang coulait à flot mais on a mis une chemise dessus pour arrêter le saignement. Et c’est là qu’on a eu le soutien des forces de l’ordre pour l’évacuer ». Il a été admis au service des urgences de l’hôpital El Maarouf. « La blessure s’est faite au niveau de l’abdomen et il est aussitôt transféré au bloc opératoire », explique le Dr Djabir, médecin urgentiste du centre hospitalier.

Les enseignants n’ont pas pu garder leur calme face à cette bavure policière. Ils condamnent fermement cet acte et vont porter plainte contre les gendarmes. « Avant tout ce sont des élèves qui sont dans leur établissement. De quel droit aujourd’hui des gendarmes peuvent entrer dans une salle de classe et tirer sur un élève. C’est vraiment regrettable », lance-t-il, avant d’ajouter que « on peut accepter qu’un élève soit retrouvé dans la rue et qu’une balle perdue l’atteigne accidentellement. Mais dans sa salle de classe. C’est trop. C’est quel pays !».

Il appelle les autorités politiques et judiciaires à prendre leurs responsabilités. De leur côté, les élèves eux aussi ont condamné cet acte. « L’ancien ministre Abdoulkarim Ahmed a été retenu par les élèves pendant une demi-journée et cela n’a pas donné lieu à ce genre d’intervention militaire. Un élève blessé par balle dans sa classe, c’est trop », déplore un élève de la Terminale. Le bilan est de 7 blesses dont un par balle. A l’heure où nous mettions sous presse, le jeune blessé par balle, se trouvait dans un état stationnaire.

 

Mohamed Youssouf

 


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