L’idée annoncée par le parlement de se pencher sur le cas de la pharmacie nationale autonome des Comores, dont le statut est abrogé depuis juin 2012, intéresse plus qu’un. Le laborantin Mahamoud Abdallah est de ceux qui attendent impatientent le retour de la défunte PNAC qui selon lui, devra stimuler les recherche dans le domaine de la recherche médicinale mais aussi la création de l’emploi.
La loi abrogeant celle portant statut juridique de la pharmacie nationale autonome des Comores (PNAC), remplacée par l’actuelle Centrale d’Achat des Médicaments en Union des Comores (CAMUC) fait grincer des dents. Après le député Tocha Djohar qui l’a qualifiée d’une loi « antisociale » et introduit une proposition de loi auprès de l’assemblée nationale (lire La Gazette du 9 août), c’est au tour de Mahamoud Abdallah, ancien commissaire à l’environnement et fervent syndicaliste, de monter au créneau pour soutenir le retour de la PNAC.
Pour ce laborantin de l’hôpital El-maarouf, la PNAC sera non seulement un facteur de lutte contre le chômage mais aussi et surtout une plate-forme de recherche sur les plantes médicinales qui font l’objet d’études de certains chercheurs venant de l’étranger, et ainsi la production de médicaments sur place. « Les députés n’ont pas mal réfléchi en faisant revenir la Pnac. Ils ont le devoir de faire des lois susceptibles d’aider la population. A partir du parlement on peut espérer changer ce pays. Je ne peux que saluer l’initiative », affirme celui qui préconise au passage le renforcement des services techniques dans les écoles supérieures de santé en matière de spécialisation des préparateurs en pharmacie et techniciens de laboratoire.
Le président de la république ayant évoqué une agence nationale des médicaments et évacuation sanitaire, Mahamoud Abdallah demande des clarifications à ce sujet. « L’essentiel n’est pas de changer les noms. Quel est le but de cette agence ? » Se demande-t-il, avant de poursuivre que les objectifs doivent dans tous les cas tenir compte de la diminution des évacuations sanitaires de plus en plus fréquentes, « alors que souvent elles ne sont que banales ». « Ca fait honte au pays », s’emporte-il à propos desdites évacuations.
Dans ce cas précis, le laborantin veut que le pays mette les moyens sur la médecine traditionnelle. Il a pris l’exemple de Dynapharm international établie aux Comores depuis novembre 2014, qui vend des médicaments jouant, selon lui, un rôle de complémentarité alimentaire dans l’organisme. « On doit approfondir les partenariats afin que les nationaux puissent bénéficier des formations dans ce sens où va le monde actuellement. On ne peut pas laisser les gens partir ailleurs alors que ce sont les mêmes produits qu’on va leur administrer ».
Rappelons qu’après l’abrogation de la loi portant statut juridique de la PNAC en juin 2012, le député Tocha Djohar a déposé une proposition de loi à l’assemblée pour demander son rétablissement. Et il y a des fortes chances qu’il obtienne gain de cause.
Toufé Maecha
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