Salim Ali Chahidi, de son vrai nom Ben Ali Salim, a été nommé il y a moins d’un mois, directeur administratif et financier auprès de l’établissement public, industriel et commercial Ma-Mwe. La Gazette est allée à sa rencontre pour s’enquérir de ses priorités pour cette société dont le fonctionnement dépend encore de l’aide financière de l’Etat.
Il est un peu tôt pour avoir une vision claire des choses comme nous l’a concédé le nouveau venu à la Ma-mwe que nous avons trouvé croulé sous un écheveau de dossiers, dans son bureau la semaine dernière. Toutefois, étant un technicien supérieur en gestion des entreprises, option finances et comptabilité, Ben Ali Salim, nouveau directeur administratif et financier de la Ma-mwe, nous a brossé un petit tableau de ses ambitions à l’établissement producteur et fournisseur d’eau et d’électricité.
« J'ai été nommé pour soutenir l’entreprise à prendre un nouvel envol suivant la politique énergétique du gouvernement qui consiste, principalement, à pérenniser l’énergie », a-t-il déclaré en guise d’introduction, précisant au passage que « c’est la première priorité, consolider les efforts de l’Etat ». Justement, les efforts de l’Etat connaissent des déboires : les délestages intempestifs. Sur ce sujet, Salim soutient que la production actuelle est capable d’alimenter toutes les régions, « mais s’il y a des délestages de temps en temps, ce sont des problèmes liés au réseau qui est défaillant par sa vétusté ».
En attendant la réhabilitation du réseau par un financement de la Banque Africaine de Développement, le nouveau DAF de la Ma-Mwe compte accentuer le recouvrement des factures. « Nous devons inciter les gens à renoncer aux fraudes qui, non seulement nous pénalisent, mais sont aussi sources d’accident. Nous allons renforcer le niveau de recouvrement de sorte que chaque abonné paie les kilowatts consommés. Un abonné peut se trouver avec un litige d’il y a quatre ou cinq ans. On doit faire changer cette mentalité ».
Selon nos informations, la Ma-Mwe serait partie de 15 millions de recettes mensuelles à 70 millions depuis la résolution de la crise énergétique, en février 2017. Si l’abonné doit changer de mentalité, la Ma-Mwe n’est pas en reste. L’entreprise, à en croire son directeur général, dépense 18 millions de nos francs pour le gasoil et ce, par jour. Nous avons appris, d’une autre source, que la subvention de l’Etat s’élève à 45% de cette dépense journalière. Quand est ce que la Ma-Mwe recouvrera-t-elle son indépendance financière ? Doit-elle réduire son personnel très pléthorique, ou revoir ses dépenses internes ?
« Certes nous dépendons de la subvention de l’Etat. Mais Ma-Mwe ne compte pas en rester là éternellement. Nous misons sur notre indépendance financière et cela pourrait être possible si nous renforçons les recouvrements », ambitionne le nouveau DAF. Ben Ali Salim ne manquera pas, à cette épineuse question financière, de s’autocritiquer. Il déplore qu’aujourd’hui à la Ma-Mwe, un département dépense 300 millions par an au lieu de 10 millions auparavant. Une chose qu’il nous a dit « à titre d’exemple » pour dire que ce n’est pas parce que la société bénéficie d’une subvention qu’elle peut se permettre des dépenses mirifiques.
Quant au personnel pléthorique, 1200 agents environ, le nouveau DAF ne voit pas d’un bon œil de procéder à des licenciements. « 200 ou 300 agents auraient suffit pour faire le boulot de la Ma-Mwe. Il y en a pas mal qui se prélassent sous un manguier en se connectant à internet du matin à l’après-midi parce qu’ils n’ont rien à faire. Et justement nous devons réfléchir à rentabiliser ces agents en créant des tâches. On peut les rendre utiles ainsi et c’est la société qui gagnera. Pas besoin de licencier », estime-t-il.
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